À en juger par les médias américains, le gouverneur d'Ohio John Kasich et le sénateur de Floride Marco Rubio sont les deux grands gagnants du premier débat télévisé des primaires républicaines pour la Maison-Blanche.

Publié le 7 août 2015
Richard Hétu

Devant une foule composée en grande majorité de citoyens de son État, Kasich a notamment suscité des applaudissements (étonnants?) en répondant avec finesse à une question sur le mariage gai. «Notre Cour (suprême) s'est prononcée et nous accepterons (sa décision), a-t-il dit. Et devinez quoi? Je viens d'assister à un mariage d'un de mes amis qui est gai. Ce n'est pas parce qu'ils ne pensent pas comme nous que nous ne devons pas les aimer. C'est ce qu'on nous enseigne quand on a une foi forte.»

S'exprimant avec aisance, Rubio a pour sa part attiré l'attention en répondant à une question sur ses chances d'être élu à la présidence.«Si cette élection est un concours de cv, Hillary Clinton sera notre prochaine présidente, car elle a été en fonction et a oeuvré dans le gouvernement plus longtemps que quiconque ici ce soir, a-t-il dit. (Mais) cette élection doit porter sur l'avenir, pas le passé... Si je suis le candidat (républicain), nous serons le parti de l'avenir.»

La plupart des observateurs ont rangé Jeb Bush parmi les perdants de ce débat. L'ancien gouverneur de Floride a offert une performance sans éclat. Il a même mal paru en tentant de répondre à une question sur ses liens avec une fondation de Michael Bloomberg qui participe au financement de l'organisation Planned Parenthood. Malgré sa combativité - il s'en est pris à Donald Trump et Chris Christie -, Rand Paul n'a pas non plus aidé sa cause (Ted Cruz, Scott Walker et Christie ont mieux paru que lui).

Et Trump? Certains l'ont placé parmi les gagnants, d'autres parmi les perdants. Si l'on juge ses performances par la substance de ses réponses aux questions parfois très dures des modérateurs de Fox News (sur ses propos jugés misogynes ou xénophobes notamment), il est peut-être le plus grand perdant de ce débat. Mais il ne s'est jamais départi de sa superbe, ce qui lui suffira peut-être à préserver ses appuis.

Trump a d'abord refusé de promettre qu'il ne briguerait pas la présidence en tant qu'indépendant :

Puis il a tenté de défendre ses propos misogynes, écorchant au passage la comédienne Rosie O'Donnell :

On retrouve ci-dessous d'autres faits saillants de sa performance (Ne s'y trouve pas son explication de ses dons à Hillary Clinton. «J'ai dit : 'Sois à mon mariage.' Elle est venue à mon mariage. Elle n'avait pas le choix parce que je lui ai donné de l'argent.» Classy, le Donald.) :