Publié le 8 août 2015
Richard Hétu

Tout en affirmant ne pas se souvenir d'avoir utilisé des mots comme «chienne», «grosse truie» et «dégoûtante» pour dénigrer des femmes, Donald Trump a semblé mettre sur le compte du cycle menstruel de l'animatrice de Fox News Meg Kelly ses questions sur sa misogynie présumée lors du débat télévisé de jeudi soir entre les candidats républicains à la présidence.

«Elle arrive et commence à me poser toutes sortes de questions ridicules», a déclaré Trump hier soir lors d'une entrevue sur CNN. «Vous pouviez voir qu'il y avait du sang qui sortait de ses yeux. Du sang qui sortait de son... où que ce soit.»

Après avoir eu vent de cette déclaration, le fondateur du site conservateur RedState, Erick Erickson, a annoncé sur Twitter qu'il retirait à Trump son invitation à participer au RedState Gathering, la rencontre annuelle qu'il organise ce week-end à Atlanta et auquel participeront Jeb Bush, Scott Walker, Ted Cruz et Mike Huckabee.

«C'est dommage de ne pas pouvoir inviter Trump, a plus tard écrit Erickson. Mais je ne veux pas de quelqu'un sur scène qui reçoit des questions hostiles et dont le premier réflexe est d'en faire une affaire hormonale. C'est inacceptable.»

La sortie de Trump lui a également valu d'être critiquée par Carly Fiorina, la seule femme parmi les candidats républicains à l'élection présidentielle de 2016. «M. Trump: il n'y a pas d'excuse», a-t-elle écrit sur Twitter.

Trump a réagi avec son mépris habituel, invitant les militants qui assisteront à la rencontre de Red State d'adresser leurs reproches à Erickson, leur «faible et pathétique leader».

Après le débat de jeudi soir, Trump avait déversé son fiel sur Megyn Kelly en la qualifiant de «pas très bonne et professionnelle» et de «bimbo» sur son fil Twitter, et ce, à 3h du matin.

Dans un article publié à la une, le New York Times explique que les propos de Trump n'ont pas seulement été dénoncés par des féministes. La présidente du Parti républicain du New Hampshire a également accusé de chauvinisme le meneur de la course républicaine dans les sondages.

Selon le Times, les propos de Trump, combinés aux attaques de tous ses adversaires républicains contre l'organisation Planned Parenthood, qui fournit des soins de santé aux femmes, incluant l'avortement, sont susceptibles de ternir l'image du Parti républicain auprès des femmes.

D'où ma question : est-ce le début de la fin pour Trump? Le Donald a profité de la controverse créée par ses propos sur les clandestins mexicains. Il a surfé sur la controverse autour de ses propos sur le passé militaire de John McCain. Mais peut-il survivre à ses propos sexistes et misogynes?