Le Wisconsin fait partie du fameux pare-feu formé d'États du Midwest qui devait assurer l'élection d'Hillary Clinton. Or, le Badger State a tourné le dos à la démocrate et permis hier soir à Donald Trump de franchir le cap des 270 grands électeurs requis pour être élu à la Maison-Blanche.

Publié le 9 nov. 2016
Richard Hétu

Mais comment le Wisconsin a-t-il pu voter pour Trump après avoir préféré Barack Obama lors des deux élections présidentielles précédentes? La réponse tient en bonne partie au choix des électeurs blancs de la classe ouvrière de plusieurs comtés ruraux de l'État, qui ont abandonné le camp démocrate pour voter pour Trump.

Le même phénomène s'est produit dans plusieurs autres États, dont le Michigan, la Pennsylvanie et l'Ohio, s'étendant même à des villes industrielles en déclin. Comme l'explique Nate Cohn du New York Times dans cet article, Trump a notamment balayé la plupart des comtés bordant le lac Érié, en Ohio, dont certains avaient préféré Obama à Mitt Romney par plus de 20 points de pourcentage en 2012.

Cohn estime que l'équipe de Clinton a commis l'erreur de tenir ces électeurs pour acquis, notamment dans des États comme le Wisconsin et le Michigan. Quant aux sondeurs, ils ont eu tendance à sous-estimé l'importance de cet électorat, selon l'analyste du Times (ils ont semblé croire que plusieurs d'entre eux manqueraient à l'appel, comme cela avait été le cas en 2012, un phénomène que relevait en 2013 l'analyste Sean Trende de Real Clear Politics).

La question est évidemment de savoir pourquoi des électeurs d'Obama ont préféré Trump à Clinton. Rejet du statu quo, de l'élitisme ou d'un multiculturalisme menaçant? Anxiété économique? Sexisme rampant? Autant de questions à débattre au lendemain d'un tremblement de terre politique.

P.S. : Comme dans la plupart des autres États du Midwest, le Wisconsin a donné à Trump une très courte victoire. Seulement 26 000 voix l'ont séparé de Clinton. Or, le nombre d'électeurs de Milwaukee qui ont voté hier a chuté d'environ 40 000 par rapport à 2012. La plupart d'entre eux étaient démocrates.