Donald Trump a annoncé ce matin sur Twitter qu'il tiendra le 15 décembre avec trois de ses enfants sa première conférence de presse depuis le mois de juillet. Le sujet : la façon dont il entend s'y prendre pour se séparer de son empire immobilier et commercial pendant sa présidence afin d'éviter tout conflit d'intérêts.

Publié le 30 nov. 2016
Richard Hétu

Durant sa campagne présidentielle, le milliardaire new-yorkais a déclaré qu'il entendait confier à ses enfants la gestion de cet empire qui se déploie dans plus de 20 pays et dont les prêteurs ne sont pas tous connus. Dans un de ses gazouillis ce matin, il a précisé qu'il se retirerait «totalement des opérations de gestion des affaires».

Une telle solution ne remettrait pas en question les investissements du 45e président dans son empire et n'éliminerait pas la possibilité de décisions prises par lui pour favoriser ses intérêts personnels et ceux de ses enfants. Ceux-ci, faut-il préciser, jouent déjà un rôle important au sein de l'équipe de transition du président désigné, participant notamment à des conversations téléphoniques ou à des rencontres avec des chefs de gouvernement ou d'État étrangers.

Le président est exempté des lois fédérales sur les conflits d'intérêts. La plupart des occupants de la Maison-Blanche ont cependant voulu éloigner tout soupçon de conflit d'intérêts en plaçant leur entreprise ou leurs intérêts dans une fiducie sans droit de regard.

Selon plusieurs experts, Trump devrait se résoudre, pour éliminer tout soupçon, à vendre ses parts dans son empire et à mettre son argent dans une fiducie sans droit de regard. Il doit non seulement éviter toute apparence de conflit d'intérêts mais également toute possibilité d'enfreindre la clause constitutionnelle qui interdit à quiconque exerce «une fonction publique» d'accepter des cadeaux ou émoluments d'un «prince, roi ou État étranger», sans l'accord du Congrès.

Or, en louant des espaces à bureaux dans la Tour Trump à la Banque de Chine, par exemple, le 45e président pourrait contrevenir à cette clause dite des «émoluments». Il ne s'agit là que d'un exemple parmi d'autres de conflits d'intérêts potentiels.

Autre exemple : la Trump Organization doit des centaines de millions de dollars à la banque Goldman Sachs. Or, non seulement le 45e président s'est-il déjà entouré de deux anciens banquiers de cette institution dont il a dénoncé l'influence néfaste, mais il pourrait également confier au président et directeur des opérations de Goldman Sachs, Gary Cohn, le poste de directeur du Bureau du budget et de la gestion.