Publié le 31 mars 2017
Richard Hétu

Avant de me lancer dans ce pot-pourri matinal sur l'affaire russe, j'invite les mordus de la politique américaine de s'abonner à l'infolettre quotidienne de Mike Allen, ancien de Politico et cofondateur du nouveau site Axios. L'homme et ses collègues ont des sources partout à Washington.

Aujourd'hui, Allen évoque notamment la confusion et la frustration de Trump face au chaos de son administration. «Quand tombe le jour, Trump parle souvent au téléphone avec ses vieux amis milliardaires, se plaignant et critiquant les membres de sa propre équipe. Ses plus importants conseillers sont également au téléphone, dénonçant leurs collègues et répandant ou démentant les rumeurs de chaos et de changements imminents», écrit-il ce matin. À part de ça, tout va bien.

Place au pot-pourri :

- Le Washington Post cite des sources au sein des commissions du Renseignement de la Chambre des représentants et du Sénat selon lesquelles l'offre de Michael Flynn de témoigner sous immunité était prématurée. «Ce n'est pas sur la table», a dit l'une des sources sous le couvert de l'anonymat.

- «Le général Flynn a certainement une histoire à raconter, et il veut la raconter, en autant que les circonstances le permettent.» Ainsi commence la lettre de l'avocat de Michael Flynn qui a été diffusée hier soir après que le Wall Street Journal eut révélé que l'ex-conseiller à la sécurité nationale était prêt à témoigner en échange de son immunité. Selon Alex Whiting, du blogue Just Security, l'approche de l'avocat de Flynn signifie probablement que cette offre n'est pas à prendre très au sérieux. Si Flynn avait vraiment quelque chose à raconter, il le ferait savoir discrètement et tenterait de négocier en coulisses cette immunité qu'il réclame. Cela ne veut pas dire que Flynn n'ait pas peur d'être inculpé pour des affaires qui l'impliquent. Mais serait-il prêt à incriminer son ancien patron?

- À 6 h 04, Donald Trump a réagi sur Twitter à la nouvelle de la veille concernant Flynn, l'encourageant à demander l'immunité dans ce qui est selon lui «une chasse aux sorcières (une excuse pour une grosse défaite électorale), par les médias et les démocrates, de proportion historique!»

- Bien sûr, si le FBI accordait l'immunité à Flynn, Trump serait moins désinvolte. Comme l'explique Jeremy Bash, ancien responsable à la CIA, dans cette interview, cela signifierait que le général retraité serait prêt à témoigner contre son ancien supérieur, à savoir le président des États-Unis.

- «Quand on vous accorde l'immunité, cela signifie que vous avez commis un crime.» C'est du moins l'opinion que Flynn a exprimé en septembre 2016 à l'émission Meet the Press, en faisant allusion aux membres de l'entourage d'Hillary Clinton auxquels le FBI avaient promis l'immunité pour les encourager à parler en toute franchise de ce qu'ils savaient à propos du serveur privé de l'ancienne secrétaire d'État (voir la vidéo qui coiffe ce billet).

- «Suivez la trace des Russes morts. Il y a eu plus de Russes morts au cours des trois derniers mois qui sont liés à cette enquête (et) qui ont des avoir dans des banques partout dans le monde.» Clint Watts, ex-agent du FBI, a donné ce conseil hier aux membres de la commission du Renseignement du Sénat, qui tenaient leur première audition publique.

Watts a ajouté que les Russes continuent de tenter d'influencer Donald Trump en envoyant des tweets sur son fil Twitter lorsqu'ils savent qu'il est en ligne. Il a ajouté que cette influence s'était manifestée pendant la campagne présidentielle lorsque Trump ou des membres de son camp ont repris de fausses nouvelles publiées par Sputnik ou RT, des organes de propagande russe.