Le premier ministre britannique Gordon Brown a menacé lundi à la Knesset l'Iran d'un durcissement des sanctions face à son programme nucléaire controversé et estimé qu'une paix entre Israéliens et Palestiniens était «à portée de main».

Mis à jour le 21 juill. 2008
Robin Millard

Peu avant le discours de M. Brown, le premier d'un chef de gouvernement britannique devant le parlement israélien, la secrétaire d'État américain Condoleezza Rice, en route pour les Emirats arabes unis, a lancé un avertissement sans ambiguïté à Téhéran.

«S'il n'y pas de réponse sérieuse dans deux semaines nous aurons toujours la possibilité d'exploiter la piste de New York», a dit Mme Rice, en référence au Conseil de sécurité de l'ONU, en menaçant de mesures «punitives» ultérieures.

L'Iran, a déclaré M. Brown, «est confronté à un choix clair: suspendre son programme nucléaire et accepter nos offres de négociations ou bien être de plus en plus isolé et confronté à la réponse collective» de nombreux pays.

«Tout comme la Grande-Bretagne a mené les efforts dans trois résolutions contraignantes de l'ONU, je vous promets qu'elle continuera avec détermination d'être le fer de lance - avec les États-Unis et nos partenaires européens - dans les efforts pour empêcher un programme nucléaire militaire iranien», a-t-il insisté.

Le premier ministre israélien Ehud Olmert l'a remercié pour ses positions fermes face au programme nucléaire iranien.

«Vous êtes conscients que la menace la plus grave à la stabilité au Moyen-Orient et à la paix mondiale provient des ambitions du régime des Ayatollahs de Téhéran de parvenir à une hégémonie régionale», a-t-il affirmé.

Selon lui, cette hégémonie est «basée sur le refus de la paix, un large soutien aux mouvements terroristes, un effort intensif de parvenir à une capacité nucléaire militaire et une volonté affichée de détruire Israël», a-t-il ajouté.

Les pays occidentaux et Israël redoutent que le programme nucléaire civil de Téhéran ne cache un volet militaire. A ce titre, ils réclament la suspension de l'enrichissement d'uranium, une mesure exclue par le régime islamique qui dément chercher à obtenir l'arme nucléaire.

Samedi, des discussions à Genève se sont achevées sans réelle percée, l'Iran ayant désormais deux semaines pour répondre à l'offre des représentants du groupe 5+1 (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne) d'un «gel pour gel».

Il s'agit d'un maintien dans un premier temps de l'enrichissement d'uranium à son niveau actuel tandis que les Six renonceraient à durcir les sanctions existantes.

Le Moyen-Orient a été traversé par de grandes tensions au cours des dernières semaines avec des exercices militaires israélien et iranien d'envergure et des déclarations belliqueuses de part et d'autre.

Le chef du gouvernement britannique a par ailleurs vilipendé les déclarations qualifiées de

«répugnantes» du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a menacé à plusieurs reprises de rayer Israël de la carte et a tenu des propos négationnistes sur la Shoah.

Sur le dossier israélo-palestinien, M. Brown a estimé que la paix «est à portée de main», tout en exhortant Israël à se retirer des colonies de Cisjordanie et les Palestiniens à lutter contre «les terroristes».

«Je pense qu'une paix historique, gagnée de haute lutte et durable, qui peut apporter la sécurité sur le terrain, est à portée de main», a-t-il dit.

Il a appelé les deux parties à saisir «la chance offerte» par la conférence d'Annapolis, fin novembre 2007 aux États-Unis, de parvenir à un accord basé «sur deux États fondés sur les frontières de 1967, un Israël démocratique et à l'abris des attaques, reconnu et en paix avec ses voisins» ainsi qu'un État Palestinien «pacifique, démocratique et territorialement viable».