Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a indiqué lundi que le gouvernement fédéral respectera l'entente conclue entre le gouvernement américain et le ressortissant canadien, Omar Khadr, qui prévoit son retour au pays dans un an.

Mis à jour le 1er nov. 2010
LA PRESSE CANADIENNE

Khadr, le dernier ressortissant occidental à être détenu à la base américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, a plaidé coupable lundi dernier aux accusations qui pesaient contre lui; soit celles de meurtre, de tentative de meurtre, de complot, de soutien matériel au terrorisme et d'espionnage. Il a écopé une peine de huit ans de prison.

En vertu d'une entente de plaidoyer qu'ont conclue ses avocats avec ceux du gouvernement des États-Unis, Khadr pourra demander d'être rapatrié au Canada après avoir purgé aux mains des autorités américaines une année de détention.

En réponse aux questions de l'opposition, aux Communes lundi après-midi, le ministre Cannon a indiqué que le gouvernement américain avait accepté que Khadr revienne au Canada, en vertu du «Traité entre le Canada et les États-Unis d'Amérique sur l'exécution des peines imposées aux termes du droit criminel».

«Le gouvernement des États-Unis a accepté qu'Omar Khadr revienne au Canada et nous mettrons en oeuvre l'accord conclu entre M. Khadr et le gouvernement des États-Unis», a répliqué le ministre aux nombreuses demandes de l'opposition en ce sens.

Quant à leurs reproches à l'effet que le ministre Cannon a menti en martelant la semaine dernière que le Canada n'avait pas pris part aux négociations qui ont mené à l'entente de plaidoyer entre Khadr et les États-Unis, M. Cannon a réitéré sa position.

Malgré les notes diplomatiques qui ont été dévoilées à l'issue du procès de Khadr, et qui indiquent que le gouvernement canadien a donné son accord pour que celui-ci puisse revenir au pays dans un an, le ministre Cannon a répété, en Chambre, qu'il s'agissait d'une entente entre le gouvernement américain et les avocats du détenu.

«Je le répète, le gouvernement n'a pas participé aux négociations de la peine, de la sentence», a-t-il martelé.

Selon les notes diplomatiques rendues publiques en marge du procès de Khadr, qui s'est conclu avec le prononcé de sa sentence dimanche, les autorités canadiennes avaient pourtant été averties de l'accord que prévoyaient conclure le gouvernement américain et les avocats du jeune canadien, aujourd'hui âgé de 24 ans.

Les documents indiquent que les deux pays ont échangé, le 23 octobre, deux notes diplomatiques qui stipulaient les conditions de l'entente à l'amiable.

«Le gouvernement du Canada souhaite ainsi communiquer que, tel que demandé par les États-Unis, le gouvernement du Canada est enclin à considérer favorablement la demande de M. Khadr afin d'être transféré au Canada pour purger le reste de sa sentence», stipule la note diplomatique signée du sceau de l'ambassade canadienne à Washington.

Ces documents sont donc la preuve, selon l'opposition, que le ministre a été malhonnête en martelant la semaine dernière que le gouvernement n'avait à aucun moment été impliqué dans les négociations.

«Pourquoi ce gouvernement est-il incapable de dire la vérité? Pourquoi le ministre a-t-il induit en erreur les médias, la Chambre des communes et, surtout, tous les Canadiens?», s'est indignée la libérale Raymonde Folco.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a quant à lui accusé le ministre Cannon d'avoir «carrément menti», car il est impossible selon lui que l'entente de plaidoyer ait été conclue sans avoir vérifié au préalable que le Canada accepterait bel et bien une demande de rapatriement de Khadr, dans un an.