Navalny, ce long métrage documentaire consacré au dissident russe Alexeï Navalny dans sa quête politique l’opposant à Vladimir Poutine, a remporté deux prix importants au festival Sundance. L’œuvre est une réalisation du Canadien Daniel Roher.

Mis à jour le 28 janvier
André Duchesne
André Duchesne La Presse

Le film a remporté le Prix du public pour le meilleur documentaire américain ainsi que le Favorite Award du festival, ce qui représente le Prix du public, toutes catégories confondues.

Les 84 longs métrages du festival étaient éligibles dans cette catégorie.

« Je désire exprimer mon incroyable gratitude à tous les publics du festival, a déclaré le réalisateur. Navalny serait tellement excité de savoir que le public a voté pour le film lui étant consacré. »

Avocat et plus grand critique du gouvernement de Vladimir Poutine, Alexeï Navalny a été arrêté par les autorités russes il y a exactement un an à son retour à Moscou. Il revenait d’un séjour de plusieurs mois en Allemagne où il récupérait d’une tentative d’empoisonnement. Au cours de ce séjour, Navalny, avec l’aide d’une petite équipe de journalistes et d’activistes, a pu démasquer les auteurs de cette tentative de meurtre et leurs liens étroits avec les plus hautes sphères du Kremlin.

À l’heure actuelle, le dissident russe est toujours emprisonné.

Ce sont par ailleurs, les longs métrages de fiction Nanny de Nikyatu Jusu et Utama d’Alejandro Loayza Grisi qui ont remporté les Grands Prix du jury du meilleur film américain et du meilleur film international.

Nanny, qui met en vedette Anna Diop (Quantico) raconte la vie d’une nounou sénégalaise et sans papier qui, travaillant pour un couple très à l’aise de New York, se prépare à l’arrivée de son fils lorsque des évènements inattendus bouleversent son quotidien.

Utama, le film préféré de La Presse dans ce festival, est la chronique intimiste et souvent silencieuse d’un couple de personnes âgées qui, vivant dans les hauts plateaux de Bolivie, voient leur mode de vie menacé par une longue sécheresse. Ce film se caractérise par une direction photo exceptionnelle et une ambiance hors du temps.

Le jury a par ailleurs choisi les films The Exiles et All That Breathes comme meilleurs films documentaires des États-Unis et international.

Le documentaire Fire of Love de Sara Dosa, dont une bonne partie de la postproduction a été faite à Montréal, a remporté le prix Jonathan Oppenheim du meilleur montage pour un documentaire américain. Les deux monteurs du film sont Erin Casper et Jocelyne Chaput.

Ailleurs, dans ce très long palmarès, le documentaire Framing Agnes du cinéaste canadien Chase Joynt a remporté deux prix, à savoir celui de l’Innovation et un prix du public. Dans ce film de 75 minutes, le réalisateur est allé dépouiller des archives permettant de suivre la vie de quelques personnes transgenres dans l’Amérique de l’après-Seconde Guerre mondiale.

Tenue en ligne en raison dans des conditions sanitaires, la 38e édition de Sundance se termine dimanche.