(Los Angeles) La fin du film américain Fight Club telle qu’elle a été modifiée récemment en vue de sa diffusion en Chine est en réalité plus proche du roman original, a assuré l’auteur.

Publié le 28 janvier
Agence France-Presse

Le régime communiste n’autorise la diffusion en Chine que de quelques films étrangers chaque année et les censeurs n’hésitent pas à supprimer les scènes considérées comme dérangeantes.

Pour Fight Club, plus de deux décennies après la sortie du film de David Fincher en 1999, les cinéphiles se sont aperçus que la version diffusée par la plateforme Tencent Video avait changé le message anarchiste et anticapitaliste de l’œuvre.

Dans la version originale, le narrateur joué par Edward Norton tue son alter ego imaginaire interprété par Brad Pitt puis assiste à l’explosion d’immeubles symbolisant la destruction du monde moderne rêvée par le héros.

La version diffusée en Chine se termine quant à elle sur une sorte de « happy end ». Les images de fin du monde sont remplacées par un écran noir et un texte disant : « La police a déjoué le projet et arrêté tous les criminels, empêchant l’explosion des bombes. »

Cette fin tronquée a scandalisé certains fans du film, mais Chuck Palahniuk, dont le roman paru en 1996 a inspiré le film, ne s’en est pas ému plus que ça.

« C’est ironique, mais, de la façon dont les Chinois l’ont modifiée, la fin est presque exactement la même que celle du livre », a déclaré l’auteur au site TMZ, spécialisé dans le divertissement et les célébrités.

La fin choisie par David Fincher « était bien plus spectaculaire visuellement […] donc d’une certaine manière, les Chinois ont un peu rapproché le film du livre », dit-il.

L’écrivain souligne que son œuvre a fréquemment été altérée dans ses différentes éditions en langues étrangères pour suivre de plus près l’intrigue du film culte.

« Beaucoup de mes éditeurs à l’international ont changé le roman de manière à ce qu’il se termine comme le film », dit-il.

« Donc ça fait à peu près 25 ans que je fais face à ce genre de révisions », conclut l’écrivain.