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Cannes: les frères Dardenne filment «l'énigme» du radicalisme

SOPHIE LAUBIE
Agence France-Presse
Cannes

Ils sont en compétition à Cannes pour la huitième fois. Les frères belges Jean-Pierre et Luc Dardenne reviennent briguer une troisième Palme d'or avec Le Jeune Ahmed, un long métrage sur un adolescent radicalisé, qu'ils filment comme « une énigme ».

Leur dernière venue à Cannes date de 2016, où ils avaient présenté La Fille Inconnue, avec Adèle Haenel, tièdement accueilli sur la Croisette.

Appartenant avec quelques autres - dont Ken Loach, aussi en compétition - au club très restreint des cinéastes deux fois lauréats de la Palme d'or (pour Rosetta en 1999 et L'Enfant en 2005), les frères Dardenne, 68 et 65 ans, chantres d'un cinéma social enraciné en Belgique, s'éloignent cette fois de leur terrain de prédilection.

« On dira qu'on sort de l'armoire du film social, pour aller dans l'armoire du cinéma qu'on peut appeler politique peut-être », racontent-ils dans un entretien à l'AFP.

Dans Le Jeune Ahmed, en salles mercredi en France et en Belgique, les deux réalisateurs s'intéressent au parcours d'un jeune de 13 ans en Belgique, Ahmed (Idir Ben Addi), musulman dans une famille ouverte et tolérante, mais qui, fasciné par l'exemple d'un cousin mort au djihad et sous l'influence de son imam, bascule dans le radicalisme islamiste.

Idir Ben Addi... (PHOTO LOIC VENANCE, AGENCE FRANCE-PRESSE) - image 2.0

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Idir Ben Addi

PHOTO LOIC VENANCE, AGENCE FRANCE-PRESSE

Obsédé par des idéaux de pureté et convaincu d'être chargé d'une mission, il va passer à l'acte en attaquant une enseignante, avant d'être placé dans un centre pour jeunes radicalisés.

L'idée de ce film est née dans la tête des réalisateurs « après l'accumulation d'actes horribles commis par les islamistes en Europe, en France, en Belgique » avec les attentats de 2015 et 2016, explique Jean-Pierre Dardenne.  

« A un moment donné, on s'est dit que peut-être on aurait quelque chose à raconter autour de ça, pour se battre contre ça ».

« Prendre la religion au sérieux »

Les deux cinéastes ont d'abord cherché leur personnage, optant finalement pour un jeune tout juste sorti de l'enfance, car, souligne Luc, « on s'est dit que peut-être avec lui, contrairement aux autres personnages auxquels on avait pensé, il y avait possibilité encore de le libérer de cette idéologie dans laquelle il est pris ».

Partant de là, ils ont mené six ou sept mois d'enquête, rencontré « tous les gens qui ont affaire à des jeunes radicalisés », disent-ils.

La tête souvent baissée, le regard fermé, le jeune Ahmed est un personnage déterminé, que la caméra suit sans le lâcher, comme souvent chez les frères Dardenne, dans une mise en scène épurée.

Convaincant dans ce rôle, Idir Ben Addi, nouveau venu dans le cinéma, a été choisi parmi une centaine de jeunes.  

Les frères Dardenne, habitués à tourner avec des inconnus, même s'ils y ont dérogé ces dernières années pour choisir Marion Cotillard ou Adèle Haenel, disent avoir apprécié « son sens du rythme étonnant ».

N'abandonnant jamais sa quête éperdue et désespérée, Ahmed revient toujours à son obsession, qui guide ses actions et ses déplacements.

« Qu'est-ce que c'est aussi que d'être radical dans la pratique ? Qu'est-ce que ça veut dire pour le corps ? », demande Luc. « Notre film c'est un regard. Mais on a essayé vraiment que ce soit sur la religion même », qui « peut vous aimanter, vous capter complètement ».

Le cinéma, français notamment, a su déjà ces dernières années s'emparer du thème de la radicalisation avec plusieurs films, comme La Désintégration de Philippe Faucon, Le Ciel attendra de Marie-Castille Mention-Schaar, ou L'Adieu à la nuit d'André Téchiné, sorti en France le mois dernier.

Les frères Dardenne, eux, ont choisi de neutraliser tout ce qui était économico-social « que d'autres films » ont montré, explique Luc.  

« On s'est dit "on prend la religion au sérieux, on s'intéresse vraiment à elle". Et donc on va donner au gamin un contexte où le spectateur ne dira pas que son environnement économique et social peut tout expliquer ».

Mais, souligne-t-il, « on a tout fait pour faire un film qui ne soit pas moraliste ». « On n'accuse pas. On est devant une énigme et on la filme ».




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