Les chiffres ne mentent pas : le plus récent film de Kim Nguyen est un échec aux États-Unis. Il connaît aussi une carrière décevante au Québec. 

Marc-André Lussier Marc-André Lussier
La Presse

Sorti chez nous le 22 mars, The Hummingbird Project est désormais à l’affiche dans deux cinémas seulement et finira sa carrière en salle en franchissant à peine la barre des 200 000 $ de recettes. Chez nos voisins du Sud, bien qu’elle ait été offerte sur un circuit de 232 écrans à son apogée, la comédie dramatique campée dans le milieu financier affichait hier un box-office total de 367 746 $ et ne disposait plus que d’une vingtaine d’écrans.

Le producteur Pierre Even, de la société québécoise Item 7 (avec laquelle Kim Nguyen a déjà réalisé Rebelle et Eye on Juliet), ne cache pas sa déception. Celle-ci est d’autant plus vive que, lors du lancement du film au festival de Toronto l’automne dernier, une rumeur favorable s’est vite répandue. Une entente a alors été conclue rapidement avec le distributeur The Orchard pour une sortie aux États-Unis. On visait alors le marché des films indépendants à la faveur d’une sortie progressive sur un réseau d’environ 450 salles. Ce scénario ne s’est pas concrétisé.

« On nous avait assuré qu’il n’y aurait pas vraiment de compétition lors de la sortie du film, le 15 mars, mais il y a eu, en fait, cinq films indépendants comparables au nôtre qui ont pris l’affiche le même week-end. »

« Il y a aussi le fait que The Orchard Film Group a été vendu à la société 1091 Media au début de l’année, poursuit-il Le budget alloué à la promotion de notre film n’a peut-être pas été à la hauteur, alors que la compagnie était en pleine transaction financière. Quant au Québec, il est certain que c’est décevant aussi. On visait le double de ça, sinon le triple. »

Un défi de mise en marché

Mettant en vedette Jesse Eisenberg, Alexander Skarsgård et Salma Hayek, The Hummingbird Project relate le parcours de deux cousins new-yorkais voulant tirer leur épingle du jeu dans le monde de la grande finance. Pour ce faire, ils comptent construire un câble de fibre optique qui relierait le Kansas au New Jersey, ce qui leur permettrait de devancer le marché boursier de quelques millisecondes et d’empocher ainsi des millions.

« Un sujet comme celui-là représente un défi sur le plan de la mise en marché, reconnaît le producteur. Mais je ne crois pas que ça explique pourquoi le film n’a pas rejoint le grand public. On n’a qu’à penser à The Big Short, dont le récit est encore plus complexe. Et puis, la bande-annonce que The Orchard a produite était excellente. Elle reflète bien ce qu’est le film et l’humour qu’on y trouve. On est très fiers de ce film qui trouvera peut-être son public plus tard. »

Produit au coût d’environ 16 millions de dollars (Belga Films, une société belge, agit à titre de coproducteur et la firme américaine Automatik est aussi impliquée), The Hummingbird Project entamera bientôt sa carrière internationale. Il a été acheté pour une distribution dans plus de 70 territoires.