Lors d’une rencontre de presse aux Francos ce matin, Hubert Lenoir s’est ouvert comme il le fait rarement. Il a remis les pendules à l’heure sur la fin de Darlène, sur son image de « bad boy » et son prochain projet musical.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Chapeau de vacancier vissé sur la tête, Hubert Lenoir a répondu avec clarté et générosité aux questions de l’animateur Nicolas Tittley. Il faut dire que le critique musical était bien préparé et avait la grande qualité de rebondir avec habileté sur les réponses du jeune auteur-compositeur-interprète, qui a la réputation de ne pas être facile à interviewer.

Lors de cet entretien, il y a eu des phrases-chocs à la Lenoir du type « Je veux être Prince », mais ce n’est pas qui ressort de cette conversation.

D’une voix posée, l’artiste a entre autres reconnu qu’il était bien conscient qu’il faisait dans la provocation. « Mais au final, c’est plus que de porter des robes, de mettre du maquillage et de me dire non binaire. Ce que j’aime exprimer est l’étendue des possibilités et de notre liberté, a-t-il précisé. Si je me mets du maquillage jaune dans la face, ce n’est pas parce que je veux faire parler de moi. Je veux plutôt dire aux gens que c’est une possibilité. Nous nous limitons tellement dans la vie. Soyons qui nous voulons. »

Un bon exemple pour les jeunes

Même s’il ne va pas toujours à la rencontre de ses fans après ses spectacles, il confie être souvent ému aux larmes lorsqu’il le fait. Par exemple, deux personnes trans âgées de 16-17 ans, à Rimouski, lui ont dit qu’elles écoutaient en boucle son album et visionnaient toutes les entrevues de Hubert Lenoir. « Elles m’ont dit que ça leur donnait du courage », dit l’interprète de Fille de personne II.

Il aime beaucoup voir des jeunes dans ses salles, un public parfait, dit-il. « Quand tu joues à Trois-Rivières devant une salle pleine et que, pour eux, ça veut dire le monde d’être là, c’est vraiment insane comme feeling. »

Il tombe des nues d’entendre qu’il est un mauvais exemple pour ce public. « Je ne bois pas, je ne prends pas de drogue. Je fais juste travailler. Alors, allez chier ! », a dit Hubert Lenoir à la vingtaine de personnes rassemblées à la Maison du Festival, des journalistes et des fans de l’artiste.

Un premier « vrai » album

Pour Hubert Lenoir, Darlène n’est pas son « premier véritable album ». C’est plutôt des chansons au service d’un concept multidisciplinaire, qui est un roman de son amoureuse Noémie D. Leclerc et un album musical. C’est pour cette raison qu’il ne souhaitait pas, de prime abord, en faire un spectacle.

« J’ai l’impression que ce n’est pas ce que moi, Hubert Lenoir, j’ai le goût de dire », a-t-il confié.

L’album qu’il est en train d’écrire présentement sera donc son véritable premier opus. Son contenu sera plus autobiographique. « J’ai encore tout à dire, c’est ça qui est intéressant. »

Lorsqu’il a annoncé qu’il changeait la formule de son spectacle aux Francos, présenté trois soirs de suite aux Foufounes électriques, il a dit qu’il voulait dire « adieu à Darlène ». Comme souvent, le chanteur affirme qu’il a un peu exagéré et qu’il continuera de chanter des chansons de ce premier opus dans le futur.

Après ce bel échange avec Nicolas Tittley, nous lui demandons pourquoi, à la télévision ou la radio, il apparaît souvent plus distant, moins généreux dans ses réponses, plus difficile à saisir. « Je me sens moins bien », répond Hubert Lenoir. Il sent que les gens s’attendent souvent à ce qu’il dise des « punch lines », ce qui n’est pas dans sa vraie nature.

Le lauréat de trois Félix ajoute qu’il ne faut pas se fier qu’à son image télévisuelle, entre autres à son passage au dernier gala de l’ADISQ, où il s’est enfoncé son trophée dans la gorge.

« Des gens connus ont écrit que je suis une coquille vide… peut-être qu’ils ne se sont pas attardés vraiment à qui je suis… Je ne dirais jamais ça de quelqu’un… personne n’est une coquille vide. »

Hubert Lenoir est aux Francos ce soir, demain et dimanche à 21 h aux Foufounes Électriques.