S'il y a un musicien/DJ qui se prête merveilleusement bien à cette rubrique, c'est bien Stefie Shock. Le touche-à-tout et malaxeur de sons est justement de retour avec un nouvel album à paraître le 8 mars, Le fruit du hasard, dont il nous sert deux extraits, diffusés depuis hier. Celui qui est aussi porte-parole de « Bell cause pour la cause », campagne visant à briser les tabous autour de la santé mentale, fait le point sur toute une vie de compositions et recompositions.

Publié le 27 janv. 2019
SYLVAIN SARRAZIN LA PRESSE

La prochaine chanson que tu aimerais réinterpréter ?

Bye Bye Bye, de Plants and Animals

C'est le premier titre de leur premier album, une très grande chanson, parfaitement construite. J'ai eu envie d'en faire une reprise, mais en français. J'ai écrit une adaptation inspirée de l'originale, je l'ai envoyée à l'éditeur et au groupe, et ils l'ont approuvée. On la trouvera sur mon nouveau disque, où je la chante avec ma blonde [NDLR : la comédienne Sonia Cordeau]. Bye Bye Bye, c'est la chanson que j'aurais aimé écrire.

Un titre qui a fini par t'écoeurer ?

L'amour dans le désert, de Stefie Shock

Je suis un peu tanné de la faire, elle m'a toujours pas mal gêné, mais je la joue tout le temps parce qu'elle est populaire, le public chante le refrain. Je n'aime pas du tout les couplets, j'aimerais vraiment les réécrire. J'avais modifié une phrase du refrain en toute fin de mixage, il a fallu rappeler la choriste qui était en deuil, alors cette chanson m'a donné bien des tracas ! Par contre, je suis fier de Un homme à la mer. Sa construction mélodique et harmonique est supérieure à mes autres compositions.

Une chanson dont tu adores la partie batterie ?

Mother Popcorn, de James Brown

Je l'écoute depuis que je suis petit, c'est une rythmique de funk qui m'a beaucoup marqué. Je la mets encore dans mes sets de DJ aujourd'hui. C'est du pur groove, le groupe est soudé dedans. La batterie est très simple en apparence, mais très difficile à exécuter. Un jour, quand je pourrai la travailler, je devrais pouvoir la jouer. Mais c'est un grand champion qui joue, alors il n'est pas dit non plus que je pourrais y arriver !

Une chanson qui évoque ton adolescence ?

Stop ou encore, de Plastic Bertrand

Quand elle est sortie, j'avais 11 ans. C'est la première chanson que j'ai chantée devant un public, je trouvais le chant et le texte de Jacques Lanzmann brillants. Jacques Dutronc a aussi des paroles qui me plaisent. Bref, le texte m'a fortement influencé. L'orchestration et la façon dont la chanson est arrangée m'ont aussi inspiré. Je la mets dans mes sets de DJ de temps à autre. La grande question demeure : qui chante vraiment sur ce titre-là, Plastic Bertrand ou Lou Deprijck ?

Une chanson qui est bénéfique pour la santé mentale ?

As-tu deux minutes ?, de Stefie Shock

C'est un échantillonnage d'une chanson de Pauline Julien, 8 heures 10, écrite par Michel Tremblay. Je chante donc des mots de Michel Tremblay auxquels j'ai ajouté les miens. Le thème reste le même, c'est une personne qui vit un certain désespoir et qui a besoin d'être écoutée. C'est une mélodie que je connais depuis toujours, et comme elle a été un peu oubliée, c'était une belle façon de la ressortir et d'en faire quelque chose de neuf.

La chanson qui te transporte ailleurs ?

Les noces de Figaro, de Mozart

[Longue réflexion] Les noces de Figaro ! Si elle accompagne une scène de film, je vais adorer la scène. Le premier mouvement, ça me transporte complètement, ça m'enchante. J'ai eu un temps le projet d'échantillonner du classique du XVIIe-XVIIIe, avec plusieurs morceaux dans la même tonalité, pour en faire une musique dansante, et puis... et puis j'ai oublié ! [rires] Le ferai-un jour ? Quand je serai grand.