Maillage poétique et mystérieux, à la lisière du mystique, Tisser ne se déroule pas comme le fil habituel d’un récit classique.

Sylvain Sarrazin
Sylvain Sarrazin La Presse

Ici, les mythes invoqués par l’auteur malgache s’enchevêtrent pour éclairer la destinée et les réflexions d’un enfant mort-né, dont la conscience flotte toujours, quelque part dans une dimension éthérique, jetant son regard sur un monde à la violence aussi insoutenable qu’incompréhensible. L’un des nœuds de ces injustices de l’Histoire : la colonisation et ses excroissances capitalistes, camisole de force dont les opprimés n’ont pas fini de se débarrasser.

Tisser est le fruit du tramage de toutes sortes de fibres : poésie, essai, conte, pamphlet, cri du cœur et de l’âme. Dans un français finement ciselé, on nous sert un ficelage parfois obscur, dans tous les sens du terme, visant tour à tour hémisphères droit et gauche, remettant en question la relation hémisphères Nord et Sud, mais laissant entrevoir des rais de lumière pour qui prend la peine d’en écarter les boucles : celle de la libération – sociale, politique, spirituelle. Étrange, mais vibrant.

Tisser

Tisser

Mémoire d’encrier

94 pages

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