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Tabou Combo: Haïti rock

Les membres du groupe Tabou Combo se souviennent... (Photo: fournie par le Festival Nuits d'Afrique)

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Les membres du groupe Tabou Combo se souviennent de leur premier passage à Montréal dans les années 70. Ils se produisaient dans le sous-sol des églises!

Photo: fournie par le Festival Nuits d'Afrique

Érika Peter
La Presse

Le festival Nuits d'Afrique se termine sur une note estivale en proposant Tabou Combo comme ultime spectacle gratuit. Les ambassadeurs du konpa - la musique nationale d'Haïti - fouleront les planches de la scène Loto-Québec demain, à 21h30.

«J'espère que le public sera là en grand nombre, dit d'emblée Yves Joseph, communément appelé Fanfan (percussions et chant). Ça promet d'être l'un des grands moments de l'été!»

Il est déjà loin, le temps où ce groupe, créé en 1968 à Pétionville, non loin de Port-au-Prince, se produisait sous le nom Los Incognitos. La formation tentait alors d'imiter des artistes comme les Beatles, les Stones ou encore Johnny Hallyday.

C'est à l'occasion du concours de musique des mini-jazz, organisé par une station de radio haïtienne, que le groupe a changé de nom pour Tabou Combo. Sa victoire au concours lui a assuré une popularité immédiate; s'ensuivit un virage vers la musique haïtienne.

Sans perdre ses influences rock, Tabou Combo voulait exporter sa musique et tourner à l'international. Ce sont plutôt ses textes qui ont évolué. Avec le dictateur François Duvalier au pouvoir, les membres du groupe se sont exilés aux États-Unis.

«De nombreux Haïtiens bravaient les mers pour fuir [le pays] et on a été très sensibilisés par cette situation, indique Yves Joseph. C'est à ce moment-là que nous avons écrit la chanson Yo (Eux).»

Ce morceau est devenu le symbole de la lutte du peuple haïtien contre les misères politiques et économiques. La formation s'est ainsi engagée dans une mission sociale, sans jamais abandonner ses rythmes festifs: merengue, rara, avec des influences de soukouss, rock et même funk.

Pari gagné

La venue des musiciens à Montréal leur rappelle à quel point leur public a grandi en nombre et a changé au fil des années: de fans exclusivement haïtiens, leur public s'est élargi.

«La première fois que l'on est venus à Montréal, dans les années 70, on donnait nos prestations dans le sous-sol des églises, se rappelle Yves Joseph. On venait en voiture; maintenant, on vient en avion.»

«Malgré la neige, les gens venaient. Ça nous surprenait!», affirme Yves Joseph.

Tabou Combo a depuis longtemps réalisé son rêve: en 46 ans de carrière, le groupe a sillonné le monde - se produisant en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud, sans oublier l'Europe et les Caraïbes -, a remporté de nombreux prix, sans jamais être influencé par les vagues de musiques haïtiennes qui l'ont suivi. Carimi, T-Vice ou encore Ti Kabzy, voilà des groupes que les Antillais adorent et soutiennent.

«C'est une autre tendance, dit Yves Joseph. On est plus ou moins classiques. Quand on a commencé, il n'y avait pas de sons électroniques. Il y a maintenant une vague d'artistes qui composent avec l'ordinateur; ces formations ont beaucoup de valeur, mais nous voulons rester rock. On fait très attention aux accords et à ce que l'on dit.»

Avec plus de 35 albums en poche, Tabou Combo a toujours la fièvre et est bien déterminé à sortir un nouvel album. Le public doit s'attendre à plus de collaborations, toujours dans l'univers festif du légendaire groupe haïtien.

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Sur la scène Loto-Québec du parterre du Quartier des spectacles, demain soir à 21h30.




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