La troupe française Rasposo a mis un point final dimanche soir au deuxième festival Montréal complètement cirque avec son Chant du dindon, spectacle-phare d'une programmation de haut niveau déployée dans une douzaine de lieux, qui a su s'imposer dans le paysage festivalier montréalais déjà bien encombré.

Mis à jour le 26 juill. 2011
Jean Siag LA PRESSE

Les organisateurs de Complètement cirque ont dressé lundi un bilan extrêmement positif de ces «18 jours de party» qui ont attiré plus de 60 000 festivaliers pour l'ensemble des spectacles en salle, incluant les manifestations extérieures gratuites dont les délirantes Minutes complètement cirque. Il s'agit d'une augmentation d'environ 10 000 personnes par rapport à l'an dernier.

«Mission accomplie»

Le directeur général de la TOHU, Stéphane Lavoie, et la directrice du festival, Nadine Marchand, s'étaient fixé l'objectif de montrer toute la diversité des arts du cirque. En ce sens, ils ont répondu «mission accomplie». «Nous avons gagné notre pari de la diversité», s'est réjoui Stéphane Lavoie, qui planchera dès le mois d'août, avec Nadine Marchand, sur le contenu de la troisième manifestation.

À sa deuxième année d'existence seulement, Complètement cirque est parvenu à réunir à la fois des compagnies d'ici (Cirque du Soleil, 7 doigts de la main, Cirque Alfonse, etc.) et des compagnies-vedettes d'ailleurs. On pense entre autres aux Australiens de C!rca, qui ont ouvert le festival avec Wunderkammer, l'un de nos coups de coeur. Mais aussi au mythique Cirque invisible de Jean-Baptiste Thierrée et Victoria Chaplin.

Belles retombées en perspectives

Les retombées économiques sont encore difficiles à chiffrer. Mais la présence d'une soixantaine de diffuseurs (directeurs de compagnies, de lieux ou de festivals) a permis à plusieurs compagnies de «vendre» leurs spectacles. On pense notamment aux 7 doigts de la main qui s'est engagé à donner plus de 200 représentations de sa prochaine création, qui d'ailleurs n'est pas encore créée.

D'autres spectacles d'ici seront également programmés un peu partout dans le monde. Que l'on pense à Patinoire, de Patrick Léonard, qui s'en ira en Espagne, en Autriche, en France et aux États-Unis. Ou à Timber, du Cirque Alfonse, qui pourrait bien être programmé à l'International Festival of Arts and Ideas de New Haven, au Connecticut, mais aussi en Europe.

Les deux soirs d'Impro cirque, créé il y a deux ans par Philippe Trépanier et Nicolas Fortin, ont aussi suscité l'intérêt des diffuseurs présents. Calquées sur les matches d'improvisation de la LNI, ces joutes d'improvisation acrobatique, déjà présentées en Argentine cette année, seront notamment jouées en France. Même le Japon s'est montré intéressé par le concept des deux Québécois.

Création d'une plateforme d'échanges

Les directeurs de six associations de cirque (d'Argentine, d'Espagne, de Finlande, de Belgique et d'Australie) ont également convenu de se réunir chaque année à Montréal dans le but de mettre sur pied une plateforme d'échanges sur les préoccupations des artistes de cirque contemporain.

Cette initiative, dont le regroupement canadien d'artistes de cirque En piste et la Maison du cirque de Belgique sont à l'origine, permettra ainsi de former des groupes de travail sur plusieurs thèmes, dont la formation, la transition de carrière des artistes-acrobates, mais aussi sur des questions de sécurité liées à leur travail et à l'empreinte écologique des spectacles.