Tournée des finissants de l'ENH: quelques bons spécimens

Dans le second spectacle, Alban Jouvin a décrit... (Photo: Bernard Brault, La Presse)

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Dans le second spectacle, Alban Jouvin a décrit ses tatouages avec humour.

Photo: Bernard Brault, La Presse

Les auteurs et humoristes diplômés de l'École nationale de l'humour (ENH) présentent jusqu'au 24 juillet La tournée des finissants, deux spectacles de fin d'études, dans le cadre du festival Zoofest, au Monument-National. La Presse y a assisté mardi et a découvert quelques bonnes surprises.

Juger chaque millésime de l'ENH n'est guère aisé. La tournée des finissants ayant été présentée une vingtaine de fois depuis le mois de mars, ce qu'ont montré les diplômés mardi est représentatif de leurs capacités. Si la cuvée 2014 n'est pas exceptionnelle, l'élevage à l'école durant deux ans a produit quelques spécimens de qualité qui devraient bien vieillir...

D'abord, en ce qui concerne le spectacle des auteurs - mis en scène par Nicolas Boucher et présenté à 20h30 - , les 11 tableaux étaient joués par les comédiens Ghislain Dufresne, Raphaëlle Lalande, Louis Courchesne et Linda Bouchard, tous excellents.

La présentation des tableaux avec des blagues projetées sur écran était intéressante. On a pu lire des perles telles que «L'homme naît bon, c'est la société qui le rend policier - Ian Lafrenière» ou «Dans les petits pots, les meilleurs enfants - René Angelil».

Dans le tableau «Vantardise», une Linda Bouchard exaspérée lance au mythomane: «T'es la pire date de ma vie et pourtant je suis déjà sortie avec Gab Roy!» Plus tard, le tableau «Désuétude» est une bonne idée: un clavier et une souris causent avant d'être jetés au rebut. La souris ne veut pas disparaître parce que, entre elle et l'imprimante... ça clique!

Beau moment aussi que «Solitude», dans lequel un veilleur de nuit parle à sa cafetière un soir de Noël. Touchant.

Sortie de prison

Le spectacle des humoristes, présenté à 22h, a débuté par une vidéo sur leur «libération» après deux ans d'études. Comme s'ils sortaient de prison! Puis, les 12 libérés arrivent sur scène pour un numéro collectif de présentation plutôt décevant.

L'Acadienne Marie-Line Pitre a ensuite brisé la glace en parlant de sa région et de ses origines. Puis, Charles Deschamps a raconté ses 15 ans de BMX professionnel, vidéo à l'appui - un numéro bien écrit sur l'ambition. L'inspecteur Stewart, joué par Simon Zod Girard, a suivi avec une écriture mi-poétique, mi-polar, dans le genre Frédéric Dard, mais le texte est si dense qu'il est difficile à maîtriser et à écouter.

Myriam Alepin a été plus convaincante dans un genre qui fait penser à Korine Côté. Son numéro sur un enfant de 5 ans, gâté et «allergique à tout ce qui coûte moins de 5$», est cocasse. Belle performance aussi de Francis Lemieux, qui raconte son arrestation par deux policières.

D'origine française, Alban Jouvin et Christopher Reggiani ont connu un beau succès. Le premier a décrit ses tatouages avec humour. Quant au second, son joueur de flamenco était très drôle avec son accent espagnol et son costume andalou: «Si yé mé coupe, mon sang crie «olé!» » Original et prometteur.

Une autre dont on va reparler bien vite, c'est Ève Côté, à l'aise sur scène et naturelle. Alexandre Bouchard, 22 ans, qui a fait son coming-out... hétérosexuel, et Marie-Lyne Joncas, qui jouait une fille «trop intense», étaient pertinents. Plus que Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques, doté d'un réel potentiel mais au texte trop touffu et partant dans tous les sens.

Le spectacle s'est achevé avec Joe Guérin et sa suite de courtes blagues, dans la grande tradition des bars. Efficace et apprécié.

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Ce soir et du 22 au 24 juillet au Monument-National, à 20h30 et 22h.




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