Une ritournelle inoffensive peut-elle se transformer en machine de guerre idéologique? Obéit-on, à notre corps défendant, aux diktats de la société dans laquelle on vit? Olivier Choinière et Alexia Bürger décortiquent la question dans Chante avec moi, spectacle jubilatoire créé à l'automne 2010 et repris dès ce soir dans le cadre du Festival TransAmériques.

Alexandre Vigneault LA PRESSE

La mécanique pernicieuse du spectacle repose sur une adéquation parfaite entre le propos et sa mise en forme. Tout commence avec une pulsation rythmique banale. Une fois mise en boucle, elle devient la fondation d'une chanson bête, mais irrésistible à laquelle succombent des dizaines de personnages anonymes (50 interprètes au total) et même une grande partie de l'assistance. C'est inévitable.

Tout ça pour quoi? Pour mettre la table pour le deuxième segment du spectacle, celui où cette chorale infernale devient un symbole éclatant du conditionnement esthétique et idéologique auquel on se soumet volontairement. Chante avec moi est une oeuvre extraordinairement ludique, superbement irritante et fantastiquement intelligente sur l'aliénation et la fabrication du consentement.

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Jusqu'à dimanche à l'Usine C.