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Profession: jeune programmateur jazz

Maurin Auxéméry fait partie de l'équipe de programmation... (Photo David Boily, La Presse)

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Maurin Auxéméry fait partie de l'équipe de programmation de Spectra depuis trois ans.

Photo David Boily, La Presse

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Maurin Auxéméry est l'un des plus jeunes membres de l'équipe de programmation du Festival de jazz. Comment devient-on programmateur et comment tente-t-on de renouveler le public d'un grand événement musical? Portrait d'un mélomane qui a grandi dans le village du sud-ouest de la France qui accueille le festival Jazz in Marciac.

«Je fais ma job de rêve», lance Maurin Auxéméry avec son accent français.

Après la folie des FrancoFolies, le programmateur n'a pas eu le temps de se reposer. Il était au Métropolis le lundi suivant pour le spectacle de Kamasi Washington.

En raison d'un conflit d'horaires avec le festival anglais Glastonbury, le musicien - l'une des révélations jazz de la dernière année - ne pouvait se produire pendant les dates officielles du Festival de jazz. «Mais il fallait avoir Kamasi», dit Maurin Auxéméry.

Né dans un festival

Depuis trois ans, il fait partie de l'équipe de programmation de Spectra, dirigée par le vice-président Laurent Saulnier et le directeur artistique André Ménard. Il compte parmi ses collègues programmateurs Gabrielle Rémillard et Frédéric Lamoureux. Ils doivent organiser près de 1000 spectacles par année.

«Ç'a été une année charnière», dit Maurin en rappelant le départ, au cours des dernières années, des programmatrices de longue date Johanne Bougie et Caroline Johnson. «Les jeunes ont pris de la place avec Laurent qui demeure le plus jeune de tous», blague-t-il.

Le Français d'origine doit être polyvalent, mais il a des inclinations naturelles pour le jazz. 

«Je suis né dans un festival.»

Le jeune homme de 34 ans est en effet né dans le village de Marciac, qui accueille chaque année un important festival de jazz. «Wynton Marsalis en est le parrain et vient jouer tous les ans, indique-t-il. Je me souviens d'un spectacle que j'ai vu très jeune où il présentait Roy Hargrove pour la première fois en Europe.»

Quand Spectra appelle...

Le père de Maurin l'a initié à de grands musiciens comme Sonny Rollins, John Coltrane et Thelonious Monk. Adolescent, son fils a aussi succombé au reggae. Plus tard, Maurin a étudié dans une école de commerce et fait un stage de fin d'études au service de presse de Jazz in Marsiac. «J'y ai rencontré André Ménard pour la première fois», raconte-t-il.

Le jeune mélomane a ensuite déniché un stage de l'autre côté de l'Atlantique au sein du label jazz montréalais Effendi. «Après quatre ans, je me suis mis à représenter des artistes jazz, dont Tigran Hamasyan et Erik Truffaz. J'ai aussi monté avec Ben Charest le spectacle des 10 ans des Triplettes de Belleville

«Mon principal client était le Festival de jazz», signale-t-il.

Un jour, une ancienne collègue lui demande si la programmation pourrait l'intéresser. «Si le Festival de jazz m'appelle, je dis oui», répond-il.

Bien voilà: peu de temps après, Maurin se fait offrir une entrevue lors de la journée d'ouverture des FrancoFolies.

C'était il y a trois ans.

L'industrie

Maurin Auxéméry programme des spectacles pour les trois festivals de Spectra. Pour faire du repérage et alimenter ses contacts, il assiste à plusieurs festivals dans le monde.

Le programmateur aime travailler avec une vision à long terme. «Je suis aussi intéressé par la business de la musique : les stratégies, l'évolution, les relations à bâtir.»

Maurin Auxéméry préfère programmer de «petits» artistes qui deviendront grands comme Benjamin Clementine, GoGo Penguin et Terrace Martin. Des gars qui ne sont pas des musiciens de jazz traditionnels.

Il se préoccupe grandement du renouvellement du public. Or, les plus jeunes sont moins «nichés» que les générations précédentes. Ils écoutent une grande variété de genres musicaux. Du jazz, du hip-hop et de la pop.

«Nous voulons participer à la régénération du jazz. Nous ne voulons pas être aussi pop que le festival de jazz de Montreux, mais il faut aller au-delà du modèle classique du jazz.»

L'essence jazz doit rester, mais un spectacle de Cat Power a sa place au Festival de jazz, croit Maurin Auxéméry. Le plus grand concurrent du Festival de jazz est par ailleurs Glastonbury, qui a lieu tout juste avant. «C'est pourquoi on a fait Kamasi Washington hier soir [le 20 juin dernier], indique Maurin. On s'y prend de plus en plus tôt pour faire la programmation.»

Maurin Auxéméry a déjà envoyé des offres pour 2017. «La concurrence est forte, dit-il. Mais nous avons une super réputation dans le monde.»




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