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Festival de la chanson de Granby: un bastion de la francophonie

Pierre Fortier, directeur du festival de la chanson... (Photo: Janik Marois, La Voix de l'Est)

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Pierre Fortier, directeur du festival de la chanson de Granby.

Photo: Janik Marois, La Voix de l'Est

Daniel Lemay
La Presse

(Granby) En plus des microsillons des pionniers, les lauréats de ce grand rendez-vous annuel ont déjà vendu plus de 10 millions de CD.

«Chanter en français est un geste politique alors que chanter en anglais est un geste économique», a lancé aux spectateurs du Palace le rappeur Rod le Stod en citant Pierre Fortier, le directeur général et artistique du Festival international de la chanson de Granby qui couronnera ce soir son lauréat pour la 44e fois.

De loin le plus «politisé» des demi-finales de la semaine dernière, le rappeur de Notre-Dame-de-Grâce est l'un des six finalistes parmi lesquels auront à choisir quelque 130 professionnels - producteurs, agents, journalistes - du grand jury de la finale. Une vingtaine de Français en font partie, qui confirment le caractère international de ce qui restera toujours le Festival de la chanson de Granby.

Bien conscient du caractère lapidaire de sa formule, Pierre Fortier l'expliquera plus avant au cours d'une entrevue à La Presse sur la place de son festival dans l'univers de la chanson francophone. «Tout le monde a le droit de chanter dans la langue de son choix», précise d'abord l'ancien chef du développement de la chanson, des musiques du monde et du jazz à la radio de Radio-Canada. «Je pense toutefois que nous avons envers la francophonie, de plus en plus minoritaire au Canada, une responsabilité individuelle d'abord. Les jeunes de l'Acadie, de l'Ontario et de l'Ouest qui viennent ici pour chanter en français font preuve de beaucoup de courage. La responsabilité, par ailleurs, est aussi collective et comme organisme, nous nous sommes donné comme mission ici à Granby d'être un festival franco-responsable en conviant chaque année les artistes, les professionnels et le public au plus grand rendez-vous de la chanson francophone.»

Avant les demi-finales, les 30 jeunes artistes qui y concouraient ont pu profiter de 10 jours d'ateliers où des professionnels sont venus leur parler des différents aspects du métier d'auteur-compositeur-interprète. De l'écriture à la mise en scène, en passant par le rôle des instances associatives (SOCAN) et subventionnaires (SODEC, MusicAction) et les inévitables relations avec les médias.

Cette semaine, le Festival de la chanson de Granby s'est déployé dans une autre dimension inaugurée en 2007, celle de la fête populaire dans les parcs et les bars du centre-ville. «À mon arrivée en poste, rappelle Pierre Fortier, le conseil d'administration m'a tout de suite demandé de donner au Festival une dimension nouvelle, populaire, qui irait au-delà du concours.» La «mission», il va sans dire, commandait une nouvelle approche financière autant qu'artistique. Ainsi, au cours des derniers jours les Granbyens et les visiteurs ont pu applaudir les performances d'Alex Nevsky (demi-finaliste 2009) et de Lisa LeBlanc (lauréate 2010), de Radio Radio, les porte-parole acadiens du Festival, de Catherine Durand dont Les murs blancs du Nord est l'un des sept albums lancés à Granby cette année.

À ces Québécois s'ajoutent 6 des 92 chanteurs ou groupes français que Pierre Fortier a vus là-bas depuis un an, dans des festivals comme Alors... Chante! à Montauban, dans le sud-ouest du pays. Qui de Zoufris Maracas, Melissmell, Lisa Portelli, HK et les Saltimbanks, Mansfield Tya ou Chloé Lacan se fera connaître ici?

Entre-temps, Édouard Lagacé (19h30), Racine Rose, demi-finaliste à Granby en 2010 (21h) et l'inclassable Bernard Adamus (22h) sont du programme gratuit de la soirée de clôture du Festival de la chanson, ce soir sous le Chapiteau Desjardins de Place Johnson, dans le centre-ville. Un centre-ville vivant et bien tenu.

«Oui, nous prenons soin de notre centre-ville», affirme le maire de Granby, Richard Goulet, en évoquant le travail du Comité Centre-ville qui le conseille sur l'aménagement, la conservation et l'animation des lieux. Et quelle est l'importance du Festival de la chanson pour la «ville rayonnante» ? «Avec le Zoo, le Festival est ce qui fait le plus parler de Granby en dehors de la région», dira Richard Goulet que les Montréalais ont connu comme directeur général du Grand prix Labatt de Formule 1, à la fin des années 80. «Il y a des Français qui nous visitent et nous sommes heureux de les accueillir, mais le plus important pour nous, du point de vue touristique, c'est le rayonnement national. Le Festival apporte beaucoup à Granby et on fait tout ce qu'on peut pour l'aider.»

En 1969, le jury du Festival de la chanson de Granby avait choisi Guilda Boulay chez les interprètes et la Chicoutimienne Priscilla Lapointe chez les auteurs-compositeurs-interprètes. Depuis, en excluant les vinyles de Fabienne Thibeault (1974), de Marie-Denise Pelletier (1982) et de Jean Leclerc dit Leloup (1983), les lauréats du Festival de la chanson de Granby ont vendu dans le monde entier plus de 10 millions de CD. La formule est nouvelle, mais à Granby, la «franco-responsabilité» a toujours été à l'ordre du jour.

***

La questionde l'École...

Avec le Réseau national des galas de la chanson, l'École nationale de la chanson constitue le principal legs du Festival de Granby dont elle est toutefois totalement indépendante. Chaque année, quelque 80 candidats postulent à l'École et 14 sont choisis pour suivre le cours de 10 mois qui mène à une attestation d'études collégiales (AEC) décernée par le Cégep de Granby Haute-Yamaska.

Avant d'arriver à Granby, les étudiants ont déjà écrit une quinzaine de chansons en s'accompagnant à la guitare ou au piano, explique le directeur artistique de l'ENC, l'ex-Beau Dommage Robert Léger, qui enseigne aussi l'écriture de chansons. Les autres «matières» sont l'interprétation, les techniques vocale, instrumentale et de studio, la gestion de carrière et la connaissance du répertoire (voir www.jechante.org).

On les forme. On les aide à affronter leur propre kétainerie sans se soucier des tendances», dira l'auteur, entre autres, du Pic-bois, de Tous les palmiers et d'Harmonie du soir à Châteauguay. Robert Léger connaît la chanson; il est de «cette génération de Québécois à qui la chanson a servi de carte d'identité». Aujourd'hui, dit-il, le cheminement identitaire est une affaire plus personnelle: «On amène les jeunes à répondre à la question: qui es-tu? en quoi t'es différent?»

Depuis 1998, plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes ont trouvé à ces questions des réponses «originales» qui les ont fait connaître du public; parmi les diplômés récents: le Franco-Ontarien Damien Robitaille, boursier d'Ontario Pop en 2003, Salomé Leclerc de la cohorte 2009, l'Acadienne Lisa LeBlanc de la cohorte 2010, qui remportera le concours du Festival de Granby deux mois après sa sortie de l'École.

Cette année, 5 des 18 demi-finalistes québécois du Festival étaient des diplômés de l'École nationale de la chanson et une participe à la finale de ce soir au Palace: la Granbyenne Rosie Valland. Comme les autres, elle aura trois chansons pour montrer au jury en quoi elle est différente...




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