Le festival Osheaga retourne dans l'île Sainte-Hélène pour la huitième année. Avec plus de 105 groupes à l'affiche, l'événement musical et touristique comptabilisera près de 120 000 entrées sur le lieu enchanteur du parc Jean-Drapeau. Si la tendance de l'année dernière se poursuit, 60% des festivaliers viendront de l'extérieur du Québec.

Émilie Côté LA PRESSE

Après la foule record de l'an dernier, Osheaga affiche complet avant même sa tenue, du 2 au 4 août.

Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun imprévu ou annulation parmi les 105 groupes et artistes à l'affiche. La grille horaire s'est bâtie plutôt rondement. Cette année, Nick Farkas, vice-président aux concerts et événements chez evenko, a même dû gérer des offres plutôt que de multiplier des demandes.

«En matière de booking, on a plus d'options, car le festival est maintenant reconnu en Amérique du Nord, explique-t-il. J'ai déjà reçu beaucoup d'appels pour l'année prochaine.»

La recette du succès d'Osheaga n'a pas changé: une programmation qui ratisse large pour tous les goûts et tous les groupes d'âge: des valeurs sûres (Mumford&Sons, The Lumineers), des surprises (Beck, The Breeders), des formations mythiques (The Cure, Bob Mould, New Order), les nouveaux artistes de l'heure (Frank Ocean, Kendrick Lamar), du rock contemporain (Alt-J, Vampire Weekend, Phoenix), des têtes d'affiche crédibles (Hot Chip, Father John Misty, Charles Bradley), du rap (Death Grips, Big Boi), de la pop (Tegan And Sara, Icona pop), de l'électro (Azari&III, Quadron)...

Les artistes québécois à l'affiche couvrent aussi un large spectre musical, du folk des Soeurs Boulay au rock post-punk de Caféïne jusqu'au rap de Loud Lary Ajust.

«Il faut faire vendre des billets et proposer des découvertes. Nous avons toujours été un festival qui regroupe plein de groupes différents. À notre première année, on avait Sonic Youth et Ben Harper comme têtes d'affiche», rappelle Nick Farkas.

Le public d'Osheaga s'est rajeuni, constate-t-il. «Au début, c'était davantage une clientèle plus vieille qui découvrait de nouveaux noms. Aujourd'hui, c'est aussi l'inverse», dit-il, en faisant référence aux jeunes dans la vingtaine qui verront The Cure, The Breeders et New Order pour la première fois.

Nick Farkas compte quatre membres dans sa précieuse équipe de programmateurs: Daniel Glick, Évelyne Côté, Joëlle Bertrand et Jean-François Michaud. «Je ne suis pas le seul à prendre des décisions, c'est pourquoi le festival est si intéressant. On écoute aussi beaucoup nos fans. En 2013, c'est facile avec les réseaux sociaux d'avoir de l'information précise et rapide.»

Changements techniques

Quant aux changements techniques apportés à l'emplacement cette année, l'équipe d'evenko (promoteur de l'événement) a ajouté un second pont afin de faciliter la circulation de la foule. «Il a tellement fait chaud l'an dernier qu'on a ajouté des points d'eau et des camions de nourriture.»

Grande première: les festivaliers reçoivent par la poste les bracelets électroniques qui leur permettent d'accéder au lieu.

Vitesse de croisière

Avec les années, Osheaga est devenu plus qu'un festival. C'est une «marque» qui permet à evenko de présenter des spectacles (The National au canal de Lachine), des événements spéciaux (Timber Timbre gratuit au Théâtre de Verdure, samedi dernier) et l'exposition Musique sur papier.

Du 2 au 4 août, plusieurs événements auront lieu en marge des spectacles offerts au parc Jean-Drapeau. Il y aura des pré-partys et des after-partys au Théâtre Corona, dont un DJ set de We Are Wolves et Hot Chip.

En partenariat avec le festival MEG, Osheaga tient aussi la vitrine de réseautage «Osheaga + MEG Pro», qui accueille et met en lien des professionnels du domaine de la musique.

Cette année, Osheaga pourrait atteindre sa vitesse de croisière. De 2009 à 2011, avec Coldplay, Arcade Fire et Eminem, Osheaga s'est bâti un bel avenir. «Je suis chanceux d'avoir eu des boss qui y ont cru», souligne le vice-président.

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LES FAVORIS

En plus de The Cure, voici cinq spectacles à voir au festival Osheaga, selon le grand patron Nick Farkas et son équipe.

ALT-J

«La première ville à présenter un concert d'ALT-J à guichets fermés a été Montréal, l'automne dernier. Une véritable histoire d'amour! De plus en plus éclectique, Osheaga conserve toujours une bonne part d'indie rock dans sa programmation, dont Beach House, Vampire Weekend, Explosions in the Sky, Stars, The Lumineers et, bien sûr, Mumford&Sons!»

Vendredi 2 août, 16h15, scène de la Montagne 

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The Breeders

«Osheaga s'adresse aux mélomanes de tous âges; c'est important pour nous de programmer des artistes cultes. Les Breeders n'ont pas joué depuis 1994! Le festival 2013 sera aussi l'occasion de voir New Order, The Cure, Beck, Bob Mould, Jimmy Eat World, Flogging Molly et Frank Turner.»

Samedi 3 août, 18h25, scène Verte 

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C2C

«Il y a quelque chose qui se passe actuellement en France. En plus de choisir nos artistes préférés dans la scène locale, et d'inviter des artistes anglais, australiens, suédois et plus encore, nous avons cette année mis l'accent sur un plateau fabriqué en France qui rassemble Phoenix, Lou Doillon, Rone, Odezenne, Hyphen Hyphen et les nouvelles étoiles des tables tournantes que sont C2C.»

Samedi 3 août, 21h45, scène Verte 

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Kendrick Lamar

«Le hip-hop a vécu une superbe année en 2012-2013, notamment grâce à des ovnis comme Frank Ocean et Kendrick Lamar, ou encore Macklemore, qui seront tous des nôtres. Les filles ne sont pas en reste: Azealia Banks et Angel Haze offriront leurs premières performances canadiennes à Osheaga.»

Dimanche 4 août, 19h, scène de la Rivière

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Disclosure

«La scène Piknic prend de plus en plus d'ampleur au festival. En plus des grosses pointures comme Porter Robinson, Pretty Lights, Baauer et Disclosure, la révélation house de 2013 qui a détrôné Daft Punk au sommet des palmarès, on vous suggère de passer voir A Tribe Called Red, JETS, Rone (encore lui!), Rudimental, Azari&III, Bonobo ou encore Gramatik.»

Dimanche 4 août, 20h, scène Piknic électronik