(Québec) Le nouveau pavillon consacré à Jean Paul Riopelle au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) présentera une collection exceptionnelle de toiles de ce grand peintre grâce à des dons d’œuvres valant un peu plus de 100 millions de dollars, a appris La Presse.

Mis à jour le 2 déc. 2021
Tommy Chouinard
Tommy Chouinard La Presse

La construction de ce pavillon, que l’on a révélée la semaine dernière, sera annoncée officiellement par le premier ministre François Legault jeudi.

Le gouvernement investira 20 millions de dollars dans ce projet qui avoisinerait les 45 millions. Il ajoutera 7 millions, à compter de 2024, pour assurer son fonctionnement.

Le pavillon Riopelle réunira les œuvres du peintre que le MNBAQ possède déjà, dont les plus célèbres sont L’hommage à Rosa Luxembourg et Poussière de soleil.

Or, selon nos informations, la collection du musée sera bonifiée considérablement. Des mécènes et des collectionneurs feront don d’œuvres d’une valeur d’un peu plus de 100 millions de dollars. Il s’agit notamment des hommes d’affaires Michael Audain, Pierre Lassonde et André Desmarais – des membres fondateurs de la Fondation Riopelle. Environ 75 œuvres s’ajouteront ainsi à la collection publique.

Selon cette fondation, Riopelle a fait partie en 2019 du top 100 des artistes modernes et contemporains de l’indice Artprice.

PHOTO IDRA LABRIE, FOURNIE PAR LE MNBAQ

L’hommage à Rosa Luxembourg fait aussi partie de la collection du MNBAQ.

Deux ans plus tôt, deux œuvres de la période des mosaïques, Sans titre (1953) et Vent du nord (1952-1953), se sont vendues respectivement 5,7 millions US et 5,5 millions US, ce qui les a placées aux deuxième et troisième rangs des œuvres d’art les plus coûteuses au Canada, indique-t-elle sur son site web. Selon les données publiées par les maisons de vente aux enchères Christie’s, Heffel et Sotheby’s, 26 Riopelle se sont vendus pour 1 million de dollars américains ou plus entre 2006 et 2019.

Ce vendredi, La sombreuse, une huile sur toile de Riopelle peinte en 1954, sera mise en vente lors d’enchères de la maison Christie’s, à Paris. Le prix estimé de cette toile jamais mise sur le marché auparavant oscille entre 2,5 et 4 millions d’euros (entre 3,5 et 5,7 millions CAN).

Dans son minibudget dévoilé la semaine dernière, le gouvernement avait indiqué en 4 petites phrases, parmi les 354 pages du document, qu’il comptait « investir dans un projet culturel de grande envergure », sans en dévoiler la nature. C’est le projet d’un nouveau pavillon consacré à Riopelle dont il est question, avait-on découvert. Il se fait dans le cadre des célébrations prévues pour le centenaire de la naissance de l’artiste, en 2023.

À l’origine, une « aile Riopelle » devait être créée au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) – ville natale du peintre – en vertu d’une entente entre la Fondation Riopelle et le musée, mais le projet a avorté l’an dernier. L’option de déménager le projet à Québec avec la construction d’un nouveau pavillon au MNBAQ a finalement été retenue.