La peintre québécoise Kittie Bruneau, qui a mis la Gaspésie, la mer et les oiseaux au cœur de son œuvre, est morte jeudi à l’âge de 91 ans, a fait savoir le galeriste Eric Devlin.

Simon Chabot Simon Chabot
La Presse

Kittie Bruneau est née à Montréal en 1929. Après des études à l’École des beaux-arts de Montréal dans les années 1940, elle a passé huit ans à Paris, où elle a été marquée par les artistes du groupe Cobra. De retour au pays, son travail a attiré l’attention de critiques établis, dont Rodolphe de Repentigny qui a souligné dans La Presse en 1959 son « style précis, plein d’éléments graphiques ».

Installée en Gaspésie dès 1961, la peintre a trouvé là-bas une inspiration durable. Une « peinture colorée, joyeuse, parfois grotesque, mais faussement naïve et empreinte de poésie deviendra sa marque de commerce », écrit Eric Devlin dans un texte envoyé aux médias pour annoncer la nouvelle de sa mort.

PHOTO GUY L’HEUREUX, FOURNIE PAR ERIC DEVLIN

La toile Misère de misère, signée Kittie Bruneau, date de 1999.

Dans les années 1960, son œuvre « était l’expression brute de la liberté, ce qui était totalement à contre-courant du formalisme moderniste qui règne alors dans le monde l’art », ajoute M. Devlin.

Kittie Bruneau a aussi vécu et travaillé au Guatemala, au Pérou, au Mexique, en Europe et en Asie. Dans les années 1980, elle a peint avec des artistes de la Première Nation des Stoney, en Alberta. Chaque été, elle retournait toutefois en Gaspésie, où elle a poursuivi son travail jusqu’à récemment. En 2019, le musée Le Chafaud de Percé a d’ailleurs souligné le 90e anniversaire de l’artiste avec une rétrospective de ses œuvres.