La scène des arts visuels n'est pas en reste pour lancer l'année 2019. Voici six expositions qui méritent votre attention d'ici l'arrivée du printemps.

Mis à jour le 22 janv. 2019
ÉRIC CLÉMENT LA PRESSE

Yoko Ono à DHC/ART

24 avril-15 septembre

Ce sera l'Évènement en art contemporain au printemps à Montréal. Cinquante ans après le bed-in pour la paix organisé par John Lennon et Yoko Ono à l'hôtel Le Reine Elizabeth, l'artiste conceptuelle avant-gardiste sera de retour avec son exposition Growing Freedom.

Les oeuvres de l'artiste Fluxus et militante politique seront présentées à partir du 24 avril à DHC/ART.

Connue pour ses performances, installations, films méditatifs, musiques, sculptures et photographies, et pour avoir dédié sa vie à la paix, Yoko Ono présentera ses «instructions conceptuelles» et des projets réalisés avec John Lennon.

L'expo sera signée par une grande fan de Yoko Ono, Cheryl Sim, directrice générale de DHC/ART, et par Gunnar B. Kvaran, directeur de l'Astrup Fearnley, un musée privé norvégien qui a déjà présenté l'oeuvre de Yoko Ono, notamment en 2005.

Thierry Mugler au MBAM

2 mars-8 septembre

Après le couturier Jean Paul Gaultier, c'est au tour du grand créateur français Thierry Mugler de faire l'objet d'une exposition conçue, produite et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).

Elle retracera le parcours de ce designer de prêt-à-porter et de haute couture, metteur en scène, photographe et parfumeur qui a véritablement révolutionné la mode avec ses coupes originales et futuristes, sculpturales et élégantes, et ses matières innovantes telles que le métal, la fausse fourrure, le vinyle ou le latex.

Quelque 130 tenues réalisées par Thierry Mugler entre 1973 et 2001, la plupart jamais exposées, seront présentées au MBAM.

L'exposition sera complétée par la présentation de vêtements de 10 designers de mode montréalais.

Photo Helmut Newton, fournie par le MBAM

Jerry Hall et Thierry Mugler, Paris, 1996, Helmut Newton. Gala (France), 18 décembre 1996. © The Helmut Newton Estate.

Manif d'art 9 à Québec

16 février-21 avril

En l'absence d'une biennale à Montréal, Québec a pris les rênes avec sa Manif d'art, la grande manifestation internationale d'art contemporain, qui en est à sa neuvième édition.

Réalisée avec le Musée national des beaux-arts du Québec, Manif d'art 9 - La biennale de Québec s'intitule Si petits entre les étoiles, si grands contre le ciel.

Orchestrée par le commissaire britannique Jonathan Watkins, directeur de l'Ikon Gallery de Birmingham, elle accueillera des oeuvres d'une vingtaine d'artistes, dont Manasie Akpaliapik (Nunavut), Vija Celmins (Lettonie), Caroline Gagné (Québec), Jim Holyoak et Matt Shane (Colombie-Britannique), Krištof Kintera (République tchèque), Cornelia Parker (Angleterre), Shayne Dark (États-Unis) et Tomas Saraceno (Argentine).

Les centres d'artistes présenteront une quinzaine d'artistes, dont Christiane Baumgartner (Allemagne), Amélie Laurence Fortin (Québec), Felipe Castelblanco (Colombie) et Shimabuku (Japon). Du beau monde!

Photo Tom Loonan, fournie par Manif d'art de Québec

OEuvre d'art public Tangle Wood, créée par Shayne Dark et installée au Buffalo Botanical Gardens, à Buffalo, dans l'État de New York, une initiative de l'Albright-Knox Art Gallery. Une oeuvre similaire sera installée à Québec lors de Manif d'art 9 - La biennale de Québec.

Kent Monkman au McCord

8 février-5 mai

Après sa résidence en 2013 au musée McCord au cours de laquelle il a créé le tableau monumental Bienvenue à l'atelier, en hommage à Montréal, l'artiste torontois d'origine crie et irlandaise Kent Monkman est de retour au musée de la rue Sherbrooke avec son exposition Honte et préjugés: une histoire de résilience.

Il y présentera des tableaux récents et d'autres plus anciens pour illustrer les conséquences néfastes des politiques canadiennes sur les peuples autochtones depuis la création du Canada.

Une exposition grave qui évoquera la résilience des autochtones et dans laquelle on retrouvera en même temps l'humour si particulier de Monkman, avec notamment son alter ego spirituel, Miss Chief Eagle Testickle, qui n'en rate pas une!

En outre, Kent Monkman participera à une conférence portant sur sa pratique picturale, le mercredi 6 février à 18 h, à la salle Pollack de l'Université McGill (555, rue Sherbrooke Ouest).

Photo fournie par le musée McCord

Nativity Scene, 2017, Kent Monkman, installation multimédia. Don du Comité des bénévoles au Museum London (1956-2017), à la mémoire de Shelagh Martin-McLaren, 2017.

Art souterrain à Montréal

2-24 mars

Il s'agit cette année déjà de la 11e édition d'Art souterrain, ce parcours d'art contemporain qui réapparaît chaque hiver dans le sous-sol montréalais quand le printemps peine à pointer son nez.

Cette année, le festival et sa soixantaine d'artistes internationaux exploreront, sur six kilomètres de salles et de couloirs, les difficultés à discerner aujourd'hui «le vrai du faux».

Un festival consacré donc à la grande place prise par les réseaux sociaux dans nos vies et ses conséquences sur les communications et la qualité de l'information.

Une illusion du réel orchestrée par les commissaires Maude Arsenault, Joyce Yahouda et Martin le Chevallier.

Photo Hugo-Sébastien Aubert, Archives La Presse

Quelque 12 000 figurines d'ouvriers formaient l'installation Le sens de la vie ; les ouvriers, réalisée par l'artiste français Florent Lamouroux, au complexe Guy-Favreau, lors de la dernière édition d'Art souterrain, en mars 2018.

Jean-Pierre Larocque au 1700 La Poste

Dès le 22 mars

Le céramiste montréalais Jean-Pierre Larocque est le dernier-né des artistes choyés par la mécène Isabelle de Mévius et son centre d'art 1700 La Poste, qui vient de célébrer son 5e anniversaire.

On retrouvera donc au printemps le style antique et contemporain de Jean-Pierre Larocque, avec des pièces datant des 20 dernières années (notamment durant sa période américaine) et d'autres, inédites, créées pour l'exposition.

Connu pour ses sculptures réalisées avec des galettes d'argile triturées et déformées à souhait, Jean-Pierre Larocque a participé à plus de 20 expos solos, dont une quinzaine aux États-Unis.

Ses sculptures se retrouvent dans des collections muséales, notamment au Musée national des beaux-arts du Québec, au Musée des beaux-arts de Montréal, au Detroit Art Institute et au Houston Museum.

Photo fournie par le centre d'art 1700 La Poste

Les oeuvres du céramiste montréalais Jean-Pierre Larocque occuperont les trois niveaux du centre d'art 1700 La Poste dès le 23 mars prochain, dans Griffintown. Une rétrospective attendue pour cet artiste resté très longtemps aux États-Unis.