Le musée McCord et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, ont annoncé mardi matin que le musée d’histoire sociale de la rue Sherbrooke ne déménagera pas, comme prévu l’an dernier, mais sera agrandi. Le projet estimé à 180 millions se réalisera toutefois seulement si les gouvernements provincial et fédéral acceptent de contribuer à hauteur de 120 millions.

Éric Clément
Éric Clément La Presse

Depuis sa fusion en 2013 avec le musée Stewart et son intégration, en 2017, du Musée de la mode, le musée McCord est à l’étroit, ce qui limite l’ampleur de ses expositions et ses besoins d’espace pour sa collection. Après plusieurs mois de discussions, la Ville de Montréal et le musée en sont arrivés à la conclusion qu’un agrandissement majeur sur place serait plus judicieux qu’un déménagement.

Le projet d’agrandissement est facilité par le fait que le musée a racheté, il y a plusieurs années, le terrain de l’édifice où logeait, jusqu’à sa fermeture en 2011, le restaurant Le Caveau, qui donnait sur l’avenue du Président-Kennedy. Ces espaces fourniront une partie de la superficie du nouveau musée, soit 300 000 pi2 (deux fois la superficie actuelle).

Le musée sera également agrandi au-dessus de la moitié de la rue Victoria, qui jouxte le McCord, entre la rue Sherbrooke et l’avenue du Président-Kennedy. L’autre moitié sera transformée en zone piétonne et de repos. La cession des droits d’utilisation de la rue Victoria représente un don de 15 millions de la part de la Ville, a précisé la mairesse Plante.

Des plans préliminaires de volumétrie décrivent un nouveau musée « vertical, moderne, vaste et lumineux », avec une hauteur « de dix étages ». Ce projet permettra d’augmenter l’exposition des collections du musée, dont seulement 1 % peut être montré actuellement, de tripler la surface d’exposition, de construire un auditorium de 350 places et une terrasse avec vue sur le mont Royal.

L’agrandissement permettra, selon la présidente du Musée McCord, Suzanne Sauvage, de doubler le nombre de visiteurs. « Il passera de 300 000 à 600 000 personnes par année », a-t-elle assuré.

Les travaux de transformation et d’agrandissement du musée ont été estimés à 180 millions par Mme Sauvage. Le Musée McCord souhaite qu’ils soient financés à parts égales par le privé et les gouvernements provincial et fédéral. Le financement privé des travaux sera assuré en partie par la Fondation Emmanuelle Gattuso, qui a confirmé aujourd’hui au musée McCord, sa promesse datant de quatre ans, de donner une enveloppe de 15  millions, le plus important don donné par un bienfaiteur privé à un musée québécois, selon Mme Sauvage.

La présidente du conseil d’administration du musée, l’ancienne ministre libérale Monique Jérôme-Forget — qui s’est battue pour ce projet depuis sept ans — assure que l’étude de faisabilité étant faite, le concours architectural sera lancé d’ici Noël… si les gouvernements s’engagent formellement dans ce projet. « Je suis optimiste de nature », a-t-elle dit.

La ministre québécoise de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, par l’intermédiaire de son attachée de presse, Brigitte Roussy, a fait savoir ce midi ce qui suit : « Nous sommes heureux d’apprendre que le musée demeurera sur son site actuel et de constater l’envergure du projet d’agrandissement. Celui-ci nous sera présenté sous peu. Nous aurons donc l’occasion de nous prononcer au moment opportun. »

Respect du patrimoine

Le musée McCord avait auparavant prévu de déménager dans l’îlot Eugène-Lapierre, utilisé comme terrain de stationnement au nord de la place des Festivals. Mais l’administration Plante avait rejeté cette option, souhaitant transformer l’îlot en parc public. Un projet qui se réalisera, a promis Valérie Plante aujourd’hui.

Favorisant depuis 1921 la préservation et le rayonnement de l’histoire montréalaise, québécoise et canadienne, le musée McCord est situé au 690, rue Sherbrooke Ouest depuis 1971. Il possède plusieurs collections de prestige qui représentent un million et demi d’artefacts, dont le fonds d’archives photographiques Notman, des objets d’art autochtones, des peintures, des estampes, des costumes et textiles et des œuvres d’arts décoratifs. Les locaux du musée Stewart, sur l’île Sainte-Hélène, pourraient être convertis en musée militaire, a ajouté Mme Sauvage.