Michel Dallaire, le savoir-faire à la québécoise

Le désir de plaire nuit à la création,... (Photo Patrice Laroche, le soleil)

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Le désir de plaire nuit à la création, selon Michel Dallaire, dont la vision minimaliste associe fonctionnalité et séduction. Le designer industriel montréalais a légué quelque 150 de ses créations au Musée de la civilisation de Québec, qui en expose 120 jusqu'au 26 août prochain.

Photo Patrice Laroche, le soleil

Le designer montréalais Michel Dallaire a créé pendant 50 ans des objets fonctionnels et séduisants. Parmi ses 150 créations léguées au Musée de la civilisation de Québec, qui lui consacre une grande exposition, il en a choisi six dont il  raconté ici la genèse.

La torche officielle des Jeux olympiques de Montréal (1975)

Collaborant dès 1973 à la préparation des JO de Montréal, Michel Dallaire eut le mandat de créer la torche olympique. Il la réalisa aux couleurs du Canada, en aluminium et avec un combustible inédit, composé à 50 % d'huile d'olive, pour générer une flamme orangée bien visible. «Je suis très fier de cet objet même si, à l'époque, on n'a jamais mentionné que c'est moi qui l'avais fait!» dit-il. La torche ne plut pas au maire Drapeau, mais fut acceptée par le comité olympique grec. «Quand elle est entrée dans le stade [le 17 juillet 1976], j'ai presque perdu connaissance, dit-il. Ce projet a tellement été contesté. C'est comme si je prenais conscience que j'avais gagné la bataille.»

Porte-skis Sportrack (1980)

«L'entrepreneur Maurice Pinsonnault voulait commercialiser des barres d'attache pour skis qui puissent être installées sans outils sur le toit des autos et sécuritaires. J'ai fait réaliser un système qui consistait en une bande de caoutchouc naturel moulée par compression sur des sangles de nylon, en collaborant avec des ingénieurs de Bombardier qui créaient les chenilles de motoneige. SportRack était inédit, car il résistait à de grandes variations de température. On a ensuite adapté ce système pour les bagages, les planches à voile, les planches à neige et les vélos. Un succès spectaculaire!»

Porte-skis SportRack MD, Michel Dallaire, Michel Dallaire Design industriel... (Photo Patrice Laroche, le soleil) - image 2.0

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Porte-skis SportRack MD, Michel Dallaire, Michel Dallaire Design industriel inc., 1980, ponts en aluminium extrudé et anodisé avec accessoires en nylon ; coussins d'appui en caoutchouc thermoplastique ; système de fixation par sangle de caoutchouc naturel moulé par compression sur sangles de nylon tressé ; crochets en acier embouti. Pinso Sports ltée, Bromont, Canada. Collection Musée de la civilisation, Québec.

Photo Patrice Laroche, le soleil

Mallette L'attaché (1985)

«Alors qu'on avait bien du succès avec SportRack, Resentel, la compagnie de moulage de plastiques, m'a demandé d'imaginer un produit qu'elle fabriquerait dans ses temps morts. J'ai eu l'idée d'une mallette en plastique, un produit non saisonnier s'adressant aux enfants comme aux avocats, en changeant juste la couleur. L'Attaché a été le premier modèle. Un succès instantané! On en a vendu plus de 15 millions depuis 1985! On a même été copié en Europe, mais on a gagné nos procès! C'est le projet qui m'a nécessité le moins de temps et qui m'a créé le moins d'inquiétude!»

Caquelon à fondue Abénakis (1990)

«La firme Génin Trudeau voulait un caquelon à fondue sécuritaire, car celui qu'elle vendait, avec une seule poignée vissée, avait eu un problème. Une petite fille avait été brûlée. J'ai donc créé un caquelon stable, encastré dans un support, avec deux poignées soudées qui vous obligent à le prendre à deux mains. La forme conique conserve plus la chaleur et des encoches permettent de bien retenir les fourchettes. Il a une forme de tipi, d'où son nom: Abénakis. Les 6000 fabriqués ont été vendus, mais le caquelon était plus cher que la concurrence à cause du coût de fabrication. Le produit a dû être abandonné. Mais je suis très fier de cet objet.»

Moniteur de surveillance pour bébé Angelcare (1998)

«C'est encore Maurice Pinsonnault qui est venu me voir pour ce projet. Au début, je ne voulais pas le faire. J'avais déjà quatre filles et j'avais peur que cet objet me crée de l'inquiétude. Le projet originel avait été créé en Angleterre pour prévenir le syndrome de mort subite des nourrissons. J'avais peur que mon système ne fonctionne pas à un moment donné et qu'un enfant meure. Mais Maurice a insisté lors d'un repas au restaurant et, après une deuxième bouteille de vin, la forme de l'ange m'est apparue! Je cherchais une charge affective pour l'objet. Je me suis dit que, finalement, c'est d'un ange gardien que ces bébés avaient besoin...»

Système de vélo en libre-service BIXI (2009)

Apothéose de la carrière de Michel Dallaire, le BIXI a été vendu dans 28 villes de trois continents. Quelque 50 000 vélos BIXI sont en circulation malgré une vive concurrence dans le secteur du vélo en libre-service. Son succès est dû notamment au fait que Michel Dallaire s'est associé avec Cycles Devinci, de Chicoutimi. Le cadre du vélo a la forme d'un boomerang - «normal, puisque le vélo revient!» dit M. Dallaire, qui l'a conçu en aluminium pour le protéger de la corrosion. «Le vélo était garanti cinq ans et huit ans plus tard, il est toujours là! On a innové aussi pour les bornes d'ancrage posées sur le sol par gravité. À la fois base et port électronique, cette pièce est le cerveau de tout le projet!»

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Au Musée de la civilisation, à Québec, jusqu'au 26 août 2018.




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