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Dale Chihuly au MBAM : souffleur de verre

Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présente dès samedi et jusqu'au 20 octobre l'exposition Chihuly, une promenade au sein de l'univers à la fois foisonnant et fragile de l'artiste verrier américain Dale Chihuly, un véritable Tiffany contemporain. La Presse a visité l'exposition mardi.

C'est sur le parvis du pavillon Michal et Renata Hornstein du MBAM que commence l'exposition Chihuly, avec l'oeuvre monumentale Soleil constituée de 1200 morceaux de verre soufflé. Cet agencement spectaculaire dans les tons de jaune surplombe la rue Sherbrooke de toute sa splendeur, mais on se met à craindre pour sa sécurité. L'oeuvre semble si fragile. Un gardien et une caméra veillent sur l'oeuvre jour et nuit, assure-t-on.

La visite proprement dite débute en haut du grand escalier intérieur par une forêt de roseaux en verre bleu turquoise plantés dans des troncs de thuyas géants, comme ceux qui jonchent les plages de la côte Pacifique. Contrairement à la plupart des pièces de verre exposées, ces roseaux n'ont pas été créés au Studio Chihuly, à Tacoma, dans l'État de Washington, mais en Finlande, a précisé Dale Chihuly, 71 ans.

En se retournant, on découvre de part et d'autre de l'escalier Colonnade persane, une installation conçue spécialement pour l'occasion et constituée de formes marines dans les tons de jaune, orange, rouge et bleu, qui ont été greffées à l'architecture intérieure du pavillon.

La première salle de l'exposition, à gauche des marches, est surprenante. Les dizaines de pièces de verre de l'oeuvre Plafond persan ont été installées et éclairées au plafond au sein d'une verrière. Il faut donc lever les yeux pour découvrir toutes sortes de corps organiques, des éléments circulaires de vitrail en forme de coquillages, des plantes marines, une pieuvre, un escargot, etc. Toutes les pièces réfléchissent leurs couleurs sur les murs de la salle, ce qui en fait un endroit apaisant où l'on peut même s'allonger au sol pour mieux les apprécier.

Né en 1941, Dale Chihuly a fait passer la pratique du verre soufflé d'un artisanat de qualité au statut d'art. On s'en rend compte dans les trois salles suivantes. La salle Lustres et Tours contient cinq assemblages monumentaux, dont quatre suspendus, qui dégagent de tels effets de couleurs qu'on les croirait autoéclairés. Un des assemblages, Ananas rouge, qui ressemble à une grappe de raisin, a été recréé pour cette exposition, l'original ayant disparu - avec son conteneur - au fond de l'océan Atlantique, en 1997, lors d'une tempête.

Installation architecturale

La salle qui contient Mille Fiori est celle où éclate le talent de Dale Chihuly. Il s'agit d'une installation architecturale, un agencement de pièces diverses en forme de plantes, comme un jardin de verre de 17 mètres de long. Des cactus, des roseaux, des boules en verre fusion, des bouquets filamenteux sont disposés sur une surface réfléchissante, ce qui donne à l'espace une ambiance irréelle. Tant de pièces sont agencées qu'on comprend pourquoi six conteneurs de 16 mètres de long ont été nécessaires pour transporter les oeuvres de Tacoma à Montréal.

Belle salle également que celle des Barques, deux sortes de cornes d'abondance, l'une remplie de structures élancées et l'autre contenant de grosses boules de verre aux motifs variés et éclatants. L'exposition s'achève avec Forêt de verre no 6, des pièces en néons roses et bleutés qui ressemblent à des cygnes d'une magnifique délicatesse, et Forêt de Macchia, une série d'oeuvres en forme de coquilles aux teintes multicolores et installées sur des socles d'acier. La salle aux couleurs douces prend des allures de chapelle ou de caverne.

Comme l'explique l'artiste, la réalisation de ses oeuvres et leur présentation ne pourraient se faire sans l'aide d'une équipe d'assistants et de spécialistes autant dans l'art de transformer le verre que dans celui de placer juste ce qu'il faut de lumière pour mettre les oeuvres en valeur.

«Dale Chihuly a une approche performative d'une matière pourtant tellement fragile et qui s'exprime dans la fusion et la spontanéité du geste, a dit Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef du musée. Ses oeuvres s'imposent dans les musées des beaux-arts, de San Francisco à Boston et de Richmond à Montréal.»

Un livre d'art de 224 pages a été édité spécifiquement pour cette exposition. Il s'agit de la première monographie en français publiée sur Dale Chihuly.




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