Publiques et privées, circonscrites à un endroit précis ou étendues à tout un pays, toujours en vigueur ou ayant eu une vie éphémère, plusieurs initiatives ont été adoptées dans le monde pour endiguer le prix des activités et produits culturels. En voici quelques exemples.

André Duchesne LA PRESSE

PARIS: THÉÂTRES EN SOLDE

À Paris, où l'offre culturelle est immense, les théâtres baissent les prix pour remplir leur salle, un synonyme de succès. Une partie des billets au rabais est accessible par les revendeurs en ligne. « Les baisses du prix des places apparaissent de plus en plus comme le nerf de la guerre », indique le quotidien La Croix dans un article paru il y a un an. Des revendeurs tels BilletRéduc et TickeTac proposent des réductions allant parfois au-delà des 50 % du prix courant. « BilletRéduc et Ticketac ont compris avant tout le monde que les spectateurs ne pouvaient pas tous s'offrir des places à 60 euros et que les théâtres avaient besoin de remplir leur salle à tout prix », lisait-on dans Le Parisien du 21 janvier 2016.

ITALIE: BONUS CULTURE

À l'automne 2016, le défunt gouvernement de Matteo Renzi a adopté une loi visant à remettre un « chèque culture » de 500 euros aux habitants atteignant l'âge adulte durant l'année, afin de lutter contre la radicalisation. Coût de la mesure : environ 250 millions d'euros, rapporte The Telegraph. Un an plus tard, environ 60 % des quelque 575 000 jeunes visés ont participé à l'initiative. Durant la campagne électorale française de 2017, Emmanuel Macron, élu président, a avancé l'idée d'un « pass culture » inspiré du modèle italien. Un projet pilote sera mis en place à la mi-mars dans la région du Bas-Rhin, indiquait le site Rue89 Strasbourg en janvier dernier.

Comment les jeunes italiens ont dépensé leur chèque de 500 euros:

• Achat de livres : 78 %

• Concerts : 12 %

• Cinéma : 9 %

• Théâtre et danse : 1 %

BRUXELLES: LE TICKET SOLIDAIRE

En janvier 2017, le théâtre Le Public de Bruxelles instaure une formule de « ticket solidaire ». Le concept ? Un client capable de s'offrir un billet à prix courant (tarif de base de 26 euros) en achète un ou plusieurs pour des gens moins nantis à 15 euros pièce ; les bénéficiaires obtiennent le billet gratuitement en s'inscrivant sur une liste, sous réserve de disponibilités. À l'automne 2016, à Autun en France, le cinéma Arletty proposait une formule semblable avec le « ticket suspendu » : les clients qui le souhaitent font un don dans une boîte ; dès que 5,50 euros sont amassés, un ticket devient disponible pour les cinéphiles qui en font la demande.

NEW YORK: THEATRE DEVELOPMENT FUND

Quiconque est passé par New York connaît le kiosque TKTS planté au coeur de Times Square où des hordes de touristes vont acheter des billets de spectacles au rabais. Ce kiosque est la pointe visible du Theatre Development Fund, organisme sans but lucratif né en 1968 et voué à aider les théâtres new-yorkais. L'organisme achète des blocs de billets, qui sont par la suite vendus au rabais à différents groupes d'individus. Parmi les bénéficiaires, on compte les étudiants à plein temps, les diplômés âgés de 26 ans ou moins, les travailleurs syndiqués, les membres des forces armées, les membres du clergé, les pigistes, les employés du gouvernement, etc. Un programme lancé en 2011 s'adresse aux enfants autistes et à leurs parents.

WASHINGTON: TOUJOURS GRATUIT AU SMITHSONIAN

Depuis sa création en 1846, le Smithsonian, regroupement des musées nationaux américains installés le long du Mall à Washington, n'a jamais demandé de prix d'entrée. « Les atomes de carbone du diamant Hope sont à nous tous. Le Spirit of St. Louis est à nous tous », lit-on dans un document de l'institution. Pour les visiteurs étrangers, l'accès gratuit est un autre symbole des aspects fondamentaux de la société américaine. Cette gratuité s'étend à tous les musées washingtoniens de l'institution, au Zoo de Washington et à l'American Indian Museum de New York. Le Smithsonian reçoit annuellement près de 1 milliard de dollars en fonds fédéraux. À Ottawa, le Musée des beaux-arts du Canada est gratuit les jeudis de 17h à 20h et durant quatre jours fériés ou thématiques chaque année.

QUÉBEC: 1585 CROQUE-LIVRES

Lancé il y a quelques années, le mouvement nord-américain « Prends un livre ou donne un livre » s'est institutionnalisé au Québec depuis 2014 à l'initiative de la Fondation Lucie et André Chagnon. Cette fondation est en effet à l'origine du réseau des Croque-livres, s'adressant plus particulièrement aux enfants de moins de 12 ans et à leurs parents. En date du 8 février dernier, 1585 boîtes de Croque-livres avaient été distribuées au Québec (le site indique 902 parce que l'inscription des participants détenteurs de boîtes sur le réseau est facultative). Une des plus récentes boîtes a été inaugurée le 28 janvier dernier à Saint-Lucien, dans le Centre-du-Québec, rapporte l'hebdomadaire L'Express de Drummondville. Chaque boîte est commanditée et plusieurs personnalités se sont associées au mouvement. Les intéressés iront sur le site croquelivres.ca pour repérer la boîte la plus près de chez eux.