Montréal a reculé de deux rangs dans un classement portant sur les meilleurs marchés nord-américains pour l’attrait et le développement des talents en technologie depuis l’an dernier.

André Dubuc André Dubuc
La Presse

Ottawa, au 14e rang, s’est même faufilé devant Montréal, au 16e rang.

Ce palmarès préparé par la firme de services immobiliers CBRE classe 50 marchés nord-américains d’après leur capacité à attirer et à développer les technotalents.

Par technotalents, on parle d’emplois en technologie, peu importe le domaine d’activité de leur employeur. Ingénieurs informatiques, gestionnaires de données ou de systèmes sont des exemples. Au Canada, on dénombre 900 000 travailleurs technos, un bassin représentant près de 6 % de l’ensemble des emplois au pays.

Montréal se classe au 16e rang en Amérique du Nord. Dans l’édition de 2019, la ville de Yoshua Bengio occupait le 14e rang. Cette année, Ottawa, où se trouve le siège social de la coqueluche boursière Shopify, a passé devant, au 14e rang. Toronto, au 3e rang en 2019, recule au 4e rang. Vancouver se classe 12e.

« On remarque cette année que les capitales Washington et Ottawa ont grimpé au classement. Ça reflète que le secteur technologique dans les gouvernements affiche beaucoup de croissance », explique au téléphone Avi Krispine, directeur général de CBRE au Québec.

La carte de pointage des technotalents de CBRE est établie d’après 13 critères, dont l’offre de technotalents, la croissance, la concentration, le coût, les diplômes délivrés, les perspectives de croissance de l’emploi dans l’industrie et la croissance du coût des loyers des bureaux et des appartements.

On dénombre 141 600 emplois en techno à Montréal, ce qui le place au 10e rang à ce chapitre, derrière Toronto (250 000), mais devant Vancouver (84 900) et Ottawa (76 200).

Outre la masse critique, les forces de Montréal résident dans le poids de la techno dans son économie et, surtout, dans son caractère abordable.

Meilleur marché qu’ailleurs

Le coût moyen sur un an pour exploiter une société technologique de 500 employés occupant 75 000 pieds carrés s’élève à 40,1 millions, ce qui fait de Montréal la ville la moins chère parmi les 50 premiers marchés de technotalents, devant Vancouver, Toronto, Ottawa et Calgary. C’est moitié moins cher qu’à San Francisco, la ville la plus chère en Amérique du Nord à cet égard.

Pour M. Krispine, c’est une excellente carte à jouer pour attirer des entreprises étrangères. « La techno a toujours la cote à Montréal. Microsoft va agrandir son studio montréalais de jeux vidéo Xbox au 1100 Atwater, au centre-ville », donne-t-il en exemple.

La ville perd des points en raison des salaires qui sont plus bas qu’ailleurs, ce qui nuit à l’attraction de talents, selon l’étude. Son pourcentage de diplômés universitaires dans la population de 25 ans et plus est aussi plus faible que dans la plupart des villes qui la précèdent au classement.

Le rapport de CBRE dresse la liste des « 25 prochains marchés les plus prometteurs », qui regroupe, en plus de la région de Waterloo, Québec (au 6e rang) et Edmonton (au 9e rang).