(Montréal) Si la pandémie de COVID-19 continue de stimuler la demande pour les emballages de produits alimentaires fabriqués par TC Transcontinental, la reprise est lente dans la division de l’impression, où plusieurs centaines d’employés sont toujours en congé forcé depuis mars dernier.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

L’entreprise québécoise, qui bénéficie de la subvention salariale, avait rappelé, à la fin du troisième trimestre clos le 26 juillet, environ 60 % de ses 1600 salariés québécois et ontariens touchés. Quelque 640 travailleurs attendent toujours que le téléphone sonne. Ceux-ci bénéficient de programmes de soutien financier offerts par la société.

La division qui imprime notamment des circulaires et des manuels scolaires mettra toutefois encore des mois à tourner la page sur la baisse des volumes provoquée par la crise sanitaire.

« Nous allons en rappeler quelques centaines dans les prochains mois, mais je ne pense pas que l’on va revenir à un niveau de 100 % d’ici Noël », a souligné le président et chef de la direction, François Olivier, mercredi, au cours d’une entrevue téléphonique.

Celui-ci commentait les résultats de la compagnie au troisième trimestre, où elle a dépassé les attentes en affichant des profits en hausse grâce, entre autres, à un contrôle de ses dépenses et l’apport de la Subvention salariale d’urgence du Canada.

Transcontinental a inscrit un montant de 44 millions — dont 35,9 millions au troisième trimestre, ce qui représente 28 % de ses coûts de personnel — réclamé depuis la mise sur pied du programme de subvention salariale. Les sommes seront toutefois bien moins importantes au quatrième trimestre en raison des changements apportés.

« Quelqu’un qui gagne 17 $ l’heure chez Transcontinental coûte moins cher (au gouvernement) que quelqu’un (qui se tourne vers la) Prestation canadienne d’urgence », a répondu M. Olivier, à propos des sommes obtenues par la société alors qu’elle dégage toujours des profits.

Après avoir affiché un plongeon de l’ordre de 50 % au début de la pandémie, la baisse des volumes devrait être d’environ 15 % cet automne dans le secteur de l’impression, a estimé le grand patron de l’imprimeur et éditeur.

« Je ne suis pas inquiet, mais je suis réaliste, a-t-il dit. Je ne pense pas qu’on va retourner dans les prochains six mois à des niveaux pré-pandémie, mais je crois qu’on va continuer à s’améliorer graduellement. »

Demande soutenue

Du côté de la division d’emballage, le nouveau vecteur de croissance de la société, environ 80 % de l’activité est consacrée à l’emballage de produits de consommation, comme des yogourts, cafés et barres tendres destinés à des détaillants.

Le contexte et les mesures visant à limiter la propagation du nouveau coronavirus, qui incitent beaucoup de gens à manger à la maison, continuent de stimuler la demande, ce qui profite à ses 28 usines situées au Canada, aux États-Unis ainsi qu’en Amérique latine.

« Les restaurants et les hôtels souffrent, mais puisque nous sommes concentrés dans le secteur alimentaire, nous sommes chanceux », a fait remarquer M. Olivier.

Au troisième trimestre, le résultat net attribuable aux actionnaires de Transcontinental s’est établi à 48,3 millions, ou 56 cents par action, par rapport à 3,4 millions, ou 4 cents par action, au troisième trimestre l’an dernier, où des dispositions fiscales aux États-Unis avaient eu une incidence sur les résultats.

De leur côté, les revenus ont fléchi de 19,4 %, à 587,4 millions, notamment en raison d’une baisse de volume observée dans sa division de l’impression.

Abstraction faite des éléments non récurrents, le bénéfice ajusté s’est établi à 68,2 millions, ou 78 cents par action, en hausse de 30,7 %. Le secteur de l’emballage a affiché un résultat opérationnel ajusté de 45,6 millions, en hausse de 34 %. Du côté de l’impression, le résultat a été de 54,5 millions, en hausse de 16,4 %, grâce à la subvention salariale et la diminution des dépenses.

Les analystes tablaient sur un bénéfice ajusté par action de 45 cents, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

« Même si Transcontinental a bénéficié de 35,9 millions en subventions gouvernementales, les marges ont été meilleures que ce à quoi nous nous attendions », a souligné l’analyste Drew McReynolds, de RBC Marchés des capitaux, dans une note envoyée à ses clients.

À la Bourse de Toronto, le titre de Transcontinental a pris 3,86 %, ou 57 cents, pour clôturer à 15,32 $.