(Paris) Les marchés boursiers s’agitaient mercredi, en réaction à des changements de tendance sur le prix du gaz, qui s’est envolé avant de redescendre, et de mouvements des rendements sur la dette, mettant en lumière les incertitudes auxquelles font face les investisseurs.  

Agence France-Presse

En Europe, Paris a terminé en baisse de 1,26 %, Milan de 1,35 % et Francfort de 1,46 %, et Londres de 1,15 %, après avoir subi de plus lourdes pertes au cours de la matinée.

Au lendemain d’un rebond tonique et technique, Wall Street était de nouveau en baisse : le Dow Jones perdait 0,92 %, l’indice élargi S&P 500 0,78 % et le NASDAQ 0,41 % peu avant 12 h 20.

L’Europe « craint une flambée des prix du gaz » qui « alimente le scénario de stagflation », c’est-à-dire une situation avec une croissance faible et une inflation élevée, commente Jochen Stanzl, analyste chez CMC Markets.

Mercredi, le cours européen de référence du gaz, le TTF néerlandais, s’est envolé à 162 125 euros peu avant 4 h 30, un record, quand le prix du gaz britannique pour livraison le mois prochain a atteint 407,82 pence par thermie (une unité de quantité de chaleur).

Toutefois, les deux marchés ont progressivement effacé le pic de hausse de 35 % : vers 11 h, ils cédaient même du terrain par rapport à la clôture de la veille.

Le président russe Vladimir Poutine a assuré qu’« il n’y a jamais eu un seul cas dans l’histoire où Gazprom a refusé d’augmenter l’approvisionnement de ses consommateurs s’ils soumettaient des commandes appropriées », apaisant un peu les tensions sur le marché.

Ces brusques mouvements ont aussi été observés sur le marché de la dette : le taux moyen des emprunts d’État américains à 10 ans a bondi à 1,57 %, niveau qu’il n’avait plus atteint depuis mi-juin, avant de retomber à 1,51 %, signe que les investisseurs s’inquiètent de plus en plus d’une inflation persistante.  

Après plus d’un an de parcours ascensionnel, les marchés boursiers sont confrontés à de nombreuses incertitudes depuis la rentrée, de la réduction à venir du soutien des Banques centrales à la situation financière du colosse chinois de l’immobilier Evergrande, au bord de la faillite, et au potentiel défaut de paiement des États-Unis.

Métallurgie et pétrole souffrent  

Le groupe sidérurgique US Steel décrochait (-7,53 % à 20,75 dollars) après la publication d’une note des analystes de Goldman Sachs qui annoncent une possible correction du prix de l’acier. Le producteur américain de boulettes de minerai de fer Cleveland-Cliffs suivait la tendance (-3,81 % à 19,97 dollars).

À Paris, ArcelorMittal a aussi plongé de 3,92 % à 24,25 euros.  

Les valeurs pétrolières subissaient aussi le net recul des prix du pétrole, après plusieurs séances de hausse : à Paris, TotalEnergies a terminé en baisse de 1,4 %, BP de 2,6 % à Londres et Eni de 1,5 % à Milan.  

Tesco relève ses objectifs

Le géant britannique des supermarchés Tesco (+7,08 % à 271 pence) a annoncé une augmentation de 68 % de son bénéfice net pour son premier semestre décalé, grâce à des ventes élevées depuis le début de la crise sanitaire. Il a aussi revu ses ambitions à la hausse, visant un bénéfice opérationnel « entre 2,5 et 2,6 milliards de livres sur l’année ».

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les prix du pétrole reculaient nettement après avoir atteint plus tôt dans la journée de nouveaux plus hauts en plusieurs années.

Vers 12 h 15, le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre était en baisse de 1,62 % par rapport à la clôture de la veille, à 81,21 dollars à Londres.

A New York, le baril de WTI pour le mois de novembre abandonnait 1,48 % à 77,76 dollars.

L’euro reculait de 0,45 % face à un billet vert stimulé par la fermeté des rendements américains à long terme, s’affichant à 1,1548 dollar.

Le bitcoin accélérait encore (+6,43 %) à 54 770 dollars après avoir repassé mardi le seuil des 50 000 dollars pour la première fois depuis un mois.