(New York et Toronto) Wall Street a fini dans le vert mardi, enchaînant une deuxième séance de franche hausse, alors que la fièvre spéculative ayant poussé l’action de GameStop à d’improbables sommets la semaine dernière s’estompait.

Mis à jour le 2 févr. 2021
Agence France-Presse et La Presse Canadienne

L’indice des valeurs vedettes, le Dow Jones Industrial Average, a gagné 1,57 % à 30 687,48 points. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, est monté de 1,56 % à 13 612,77 points et l’indice élargi S&P 500 a pris 1,39 % à 3826,31 points.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a gagné 182,04 points pour terminer la journée avec 17 874,49 points. Il avait bondi lundi de 355 points, enregistrant sa meilleure performance depuis avril.

Le marché torontois a grimpé de 3,1 % en seulement deux jours, et son gain du début février était encore meilleur que celui d’il y a un mois.

La question sera de savoir si février se terminera de la même manière que janvier, avec tous les gains anéantis lors des dernières séances du mois, après une solide course de 10 mois pour les marchés boursiers, a affirmé Greg Taylor, directeur des investissements chez Purpose Investments.

« Je pense qu’il y avait une certaine nervosité à la fin de janvier, avec tous les jeux que nous avons vus sur certains détaillants et certains de ces fonds à plus petite capitalisation et les différents fonds spéculatifs qui ont explosé », a-t-il expliqué lors d’une entrevue, faisant référence à GameStop, BlackBerry et d’autres bénéficiaires d’une action concertée de certains investisseurs particuliers.

« Mais on a l’impression que les choses sont devenues beaucoup plus calmes maintenant et c’est davantage un retour à la normale. »

M. Taylor a souligné l’effet d’entraînement des fonds spéculatifs obligés de vendre leurs entreprises préférées pour financer des appels de marge ou couvrir des ventes à découvert.

Des entreprises comme Shopify, dont les actions ont bondi mardi de 7,4 %, ont rebondi après avoir souffert la semaine dernière de prises de bénéfices.

« Il n’y a vraiment pas de nouvelles, mais je pense que c’est plus juste que les gens se sentent plus calmes vis-à-vis de la façon dont les marchés agissent. »

M. Taylor prévoit qu’il y aura une volatilité continue dans les mois à venir, avec les développements liés à la campagne de vaccination contre la COVID-19, alors que les gens se demandent quand la vie reviendra à la normale.

« Donc je ne pense pas que nous soyons complètement sortis du bois […] (mais) on a l’impression que la folie est essentiellement terminée. »

Sur le TSX, 10 des 11 secteurs ont avancé. Seul celui des matériaux a retraité, de 2,9 %, plombé par le cours de l’once d’argent, qui a plongé de 7,7 % après avoir atteint lundi un sommet de huit ans.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 78,02 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 77,98 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a progressé de 1,21 $ US à 54,76 $ US le baril, tandis que celui de l’or a reculé de 30,50 $ US à 1833,40 $ US l’once. Le prix du cuivre s’est quant à lui défait de 2,15 cents US à 3,52 $ US la livre.

Dans le vert

Wall Street avait fini dans le vert lundi, rebondissant après ses pires pertes hebdomadaires depuis octobre.

Le marché des actions avait alors été déstabilisé par une rébellion de petits porteurs contre les grands fonds d’investissement et par l’envolée de certains titres spéculatifs sur lesquels des « hedge funds » avaient parié à la baisse.

Depuis le début de la semaine, la Bourse est clairement repartie de l’avant.

Emblème de la fronde des boursicoteurs, menée notamment par des utilisateurs d’un populaire forum du site communautaire Reddit, l’action des magasins de jeux vidéo GameStop s’est effondrée mardi de 60 %. Celle des salles de cinéma AMC a plongé de 41 %.

L’argent, qui avait attiré en début de semaine l’attention de nombreux internautes, voyait aussi son cours reculer de plus de 8 % alors que l’once de métal gris avait atteint lundi son plus haut en huit ans.

Preuve de la sérénité retrouvée sur la place new-yorkaise, l’indice VIX, parfois surnommé « indice de la peur » et mesurant la volatilité à Wall Street, a baissé de 15,5 %.

Selon Quincy Krosby de Prudential, il y a « un sentiment de soulagement, du moins temporaire, lié au fait que le raid contre les entreprises ayant parié à la baisse ait été contrecarré, du moins pour l’heure. »

« Le marché porte son attention sur plusieurs éléments : une série de données financières meilleures que prévu, le fait que les cas de contaminations à la COVID-19 et les hospitalisations reculent aux États-Unis et l’espoir que l’administration Biden va faire adopter un plan d’urgence », ajoute l’experte.  

Les géants technologiques et boursiers Amazon et Alphabet (Google, YouTube) ont fait part après la clôture de bilans de santé flamboyants. Amazon a par ailleurs annoncé que Jeff Bezos quitterait son rôle de directeur général du groupe au 3e trimestre, mais conserverait celui de président du conseil d’administration.

Avant l’ouverture de la Bourse, la major pétrolière ExxonMobil a fait part de la plus lourde perte annuelle de son histoire en 2020, chiffrée à 22,4 milliards de dollars. Le groupe a toutefois été rentable au quatrième trimestre dernier et a vu son action monter de 1,58 %.

Pfizer a reculé (-2,26 %), pénalisé par le recul de son bénéfice net annuel, qui a chuté de 41 %. Le groupe pharmaceutique a toutefois dit prévoir des recettes de 15 milliards de dollars grâce aux ventes de son vaccin contre le coronavirus, une somme qui pourrait même augmenter si le laboratoire signe des contrats supplémentaires.

Parmi les autres valeurs du jour, la plateforme de réservations de voitures avec chauffeur et de repas à domicile Uber a grimpé de 7 % après avoir confirmé l’acquisition du service de livraison d’alcool Drizly pour 1,1 milliard de dollars.