Le fournisseur montréalais de logiciels de commerce électronique Lightspeed a traversé jeudi la pire séance boursière de sa jeune histoire.

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

L’action a cédé 13 % de sa valeur pour clôturer à 38,38 $ à Toronto. Inscrite en Bourse en mars dernier, elle n’avait encore jamais perdu plus de 10 % en une séance.

Le titre s’était apprécié de plus de 20 % depuis le début de l’année avant la séance de jeudi, ce qui pouvait rendre périlleuse pour les investisseurs l’annonce d’une nouvelle décevante.

Les résultats trimestriels dévoilés en début de journée par Lightspeed n’étaient toutefois pas « catastrophiques », au contraire. Plusieurs analystes les ont qualifiés d’« essentiellement » ou « largement » conformes aux prévisions.

Pourquoi la forte réaction négative alors ?

« Les attentes étaient élevées », commente Richard Tse, de la Financière Banque Nationale.

Son collègue de la BMO, Thanos Moschopoulos, abonde dans le même sens. Le fait que la performance financière n’ait pas surpassé les attentes a été considéré comme un facteur négatif compte tenu de l’évaluation du titre, dit-il.

Thanos Moschopoulos ajoute par contre que les prévisions pour le trimestre de fin d’exercice (en cours) laissent néanmoins entrevoir une perte d’exploitation plus importante qu’anticipé. Les observateurs rappellent par ailleurs qu’il n’est pas anormal pour une jeune entreprise en forte croissance de dégager des pertes.

Une occasion d’achat

Selon Richard Tse, le repli boursier observé jeudi vient de créer une « occasion d’achat opportuniste » pour les investisseurs.

Cet analyste souligne aussi que la croissance du nombre d’emplacements-clients de Lightspeed s’avère de « beaucoup supérieure » à ce qu’il prévoyait. Le nombre d’emplacements-clients est important parce que, dit-il, la croissance viendra notamment de l’adoption de nouveaux modules offerts par Lightspeed. L’entreprise a d’ailleurs annoncé jeudi qu’elle se positionnait pour offrir ce printemps son module Lightspeed Payments (déjà offert aux détaillants américains depuis un an) aux détaillants canadiens et à un plus grand nombre de restaurateurs américains.

Le chiffre d’affaires de Lightspeed a augmenté de 60 % à 32,2 millions US durant les mois d’octobre, novembre et décembre. Une perte d’exploitation ajustée de 5,3 millions US a cependant été générée par les activités.

Lightspeed a fait une entrée fracassante en Bourse l’hiver dernier. Après avoir été fixée à un prix initial de 16 $ en mars, l’action a frôlé les 50 $ en août juste avant l’annonce qu’une douzaine de dirigeants et deux actionnaires institutionnels (Caisse de dépôt et placement du Québec et iNovia) s’apprêtaient à vendre d’importants blocs d’actions. Le titre avait perdu 40 % de sa valeur dans la foulée de cette annonce, mais avait depuis récupéré une bonne partie du terrain perdu.