Au terme d’une semaine de haute tension en Bourse, le constructeur de véhicules électriques et de panneaux solaires Tesla vaut maintenant plus que ses concurrents américains General Motors, Ford et Fiat Chrysler réunis.

Martin Vallières Martin Vallières
La Presse

Et ce, même si ces entreprises dites du « Big Three » de l’industrie automobile nord-américaine vendent ensemble plus de voitures et de camions en deux semaines que ne le fait encore Tesla en une année entière !

Qu’est-il vraiment arrivé ?

Quelle semaine folle en Bourse pour les actionnaires de Tesla !

L’impulsion initiale aurait été déclenchée par la publication la semaine dernière de résultats trimestriels de fin d’exercice 2019 un peu meilleurs que prévu, ainsi que par le rehaussement par la direction de Tesla de ses prévisions de croissance de production et de livraison de véhicules électriques au cours des prochains trimestres.

Après quelques semaines de calme relatif en Bourse, la valeur attribuée au constructeur de véhicules électriques et de panneaux solaires a soudainement grimpé lundi des environs de 670 $US par action – soit 120 milliards en tout – jusqu’aux environs de 965 $US par action, ou 180 milliards en tout, mardi.

Il s’agissait d’un bond d’un peu plus de 40 % en deux jours seulement pour les actions de Tesla négociées sur le marché boursier NASDAQ.

Mercredi, la valeur boursière de Tesla a rechuté de presque 20 % aux environs de 735 $US par action, ou 132 milliards au total. Elle s’y est plus ou moins maintenue jeudi avec un rebond minime de 1,9 % à 748 $US par action, ou 134 milliards en tout.

Quelles sont les raisons derrière les mouvements de l’action ?

Les résultats de Tesla au quatrième trimestre ont montré un bénéfice par action (ajusté) de 2,14 $US, ce qui était au-delà du consensus d’analystes à 1,72 $US, note l’analyste David Whiston, de la firme Morningstar.

« Tesla a généré un flux de trésorerie disponible [free cash flow] pour le troisième trimestre de suite, et lors de cinq de ses huit derniers trimestres, ce qui lui a permis d’accumuler 6,3 milliards US en liquidités », souligne l’analyste.

« Cette génération de flux de trésorerie est essentielle pour la survie à long terme de Tesla, considérant qu’elle a aussi accumulé pour 7,3 milliards en dette à court et moyen terme », selon l’analyste.

Par ailleurs, Tesla a annoncé une autre accélération de production de son nouveau véhicule Y de type « crossover » (multisegment) avec l’amorce des livraisons d’ici la fin mars, alors que la prévision précédente était pour l’été 2020.

Aussi, la direction de Tesla a rehaussé à « plus de 500 000 » sa prévision du nombre de véhicules livrés en 2020, alors qu’elle poursuit la croissance de capacité de production de ses usines de Freemont, en Californie, et de Shanghai, en Chine, à 500 000 et 150 000 véhicules par an, respectivement.

Doit-on investir dans Tesla ?

« Le mouvement [des actions de Tesla] est certainement exceptionnel. Tesla se retrouve dans nos indices de référence [en actions américaines] et donc, oui, elle est dans l’univers d’investissement qu’on regarde », dit Kevin LeBlanc, gestionnaire de portefeuille, Marchés nord-américains, chez la firme Hexavest de Montréal.

« Cela dit, Tesla n’est pas dans notre type de titres en portefeuilles, étant données son évaluation et sa volatilité en Bourse. »

« Du point de vue des investisseurs optimistes, Tesla aurait le potentiel de changer le monde avec sa technologie de véhicules électriques à long rayon d’action et sa technologie de batterie pour usage véhiculaire et de stockage d’énergie pour usage de proximité », recense la firme d’analyse américaine Morningstar parmi sa clientèle d’investisseurs institutionnels.

« En contrepartie, parmi les investisseurs plus réservés, on considère que les actions de Tesla comportent une énorme incertitude. Aussi, les marchés d’investissement ont des attentes élevées envers Tesla, ce qui rend sa valeur boursière vulnérable à une correction significative au moindre facteur négatif comme un ralentissement de la croissance des résultats, des problèmes d’exécution dans le développement des projets, et encore un risque soudain de manque de liquidités ou de capital. »