(New York et Toronto) Wall Street a terminé en baisse mercredi au lendemain de nouveaux records, perdant du terrain alors que la Banque centrale américaine s’est, dans un document, montrée particulièrement prudente sur la santé de l’économie des États-Unis.  

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones, a reculé de 0,31 % à 27 692,88 points. Le NASDAQ, à forte coloration technologique, a baissé de 0,57 % à 11 146,46 points, tandis que l’indice élargi S&P 500 s’est replié de 0,44 % à 3374,85 points.

L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto a reculé de 48,68 points pour clôturer à 16 577,38 points.

Les marchés financiers ont traversé une très bonne séquence au cours des quatre derniers mois, a souligné Greg Taylor, chef des investissements chez Purpose Investments. Après une chute vertigineuse en février et en mars, au moment où la COVID-19 se propageait aux quatre coins du monde, les marchés ont repris du poil de la bête.

« Les (investisseurs) essaient simplement d’avoir une idée de ce qui les attend », a dit M. Taylor.

Les titres du secteur technologique ont notamment affiché d’importants gains, ce qui a stimulé les marchés, a expliqué M. Taylor. Le géant Apple, par exemple, est devenu mercredi la première société américaine à voir sa valeur boursière s’établir à au moins 2000 milliards US. Depuis le début de l’année, le cours de l’action d’Apple s’est apprécié d’environ 60 %.

M. Taylor a souligné que pour les investisseurs, la question est de savoir si une potentielle nouvelle flambée des cas de COVID-19 viendra ralentir la croissance mondiale. De plus, l’incapacité des élus américains à s’entendre sur les modalités d’un nouveau plan de relance de l’économie pourrait avoir une incidence négative sur l’activité économique, a-t-il ajouté.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est transigé au cours moyen de 75,92 cents US, par rapport à son cours moyen de 75,93 cents US de mardi.

À la Bourse des matières premières de New York, le prix du baril de pétrole a reculé d’un cent US, à 43,11 $ US. Le prix de l’once d’or a glissé de 42,80 $ US, à 1970,30 $ US l’once. La livre de cuivre a terminé à 3,02 $ US, en hausse de cinq cents US.

La Bourse de New York avait emmené le S&P 500 (+0,23 %) à un niveau jamais atteint auparavant mardi, effaçant ainsi complètement les pertes subies par l’indice au début de la propagation de la pandémie aux États-Unis. Le NASDAQ avait aussi terminé à un niveau inédit.

Mercredi, les indices évoluaient en légère hausse jusqu’à la parution, en cours de séance, du compte-rendu de la dernière réunion du comité de politique monétaire de la Fed.  

Sans fournir d’éléments particulièrement nouveaux, ces minutes « ont apporté une excuse aux investisseurs pour vendre un peu », estime Patrick O’Hare de Briefing.  

Les participants à la réunion de la Fed ont notamment souligné que « l’incertitude qui entoure les perspectives économiques (restait) très élevée, la trajectoire de l’économie dépendant fortement de celle du virus et de la réponse du secteur public à cela », c’est-à-dire de l’adoption d’un nouveau plan d’aide.

Or la Maison-Blanche et les élus démocrates du Congrès discutent depuis plusieurs semaines de nouvelles mesures d’aide pour les entreprises et les ménages, ainsi que pour les collectivités locales et écoles, sans parvenir à se mettre d’accord.

De plus « le marché du travail est loin d’une reprise complète », même après le nombre important de créations d’emplois observé en mai et en juin, ont souligné les membres du comité monétaire de la Fed.

Pour M. O’Hare, il faut s’attendre à quelques séances volatiles dans les prochains jours, les volumes d’échanges étant beaucoup plus limités à la fin des vacances d’été.  

« Il n’est pas étonnant de voir un peu de replis après l’envolée des indices qu’on vient de connaître », a-t-il souligné.  

Apple à 2000 milliards

La séance du jour a aussi été marquée par Apple, qui est devenue la première entreprise américaine à dépasser le cap des 2000 milliards de dollars en Bourse avant de perdre un peu de terrain.

Au cours de clôture (+0,13 % à 462,83 points), Apple valait 1979 milliards de dollars.

La chaîne de supermarchés Target (+12,65 %) et le spécialiste des articles pour la maison et pour la rénovation Lowe’s (+0,23 %) ont diffusé des résultats trimestriels supérieurs aux attentes. Comme les chiffres dévoilés par Walmart et Home Depot mardi, ils ont profité du fait que les consommateurs aient passé beaucoup de temps à la maison en plein confinement.

Le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson (J & J) a pris 0,20 % après avoir annoncé le rachat de la société spécialisée dans les maladies auto-immunes Momenta pour 6,5 milliards de dollars en espèces, ou 79 % de plus que le prix de clôture de mardi. Momenta a bondi de 69,17 %.

Boeing a reculé de 0,56 %. Le constructeur aéronautique a annoncé la commande par la compagnie polonaise Enter Air de deux 737 MAX et des options pour deux appareils supplémentaires.

Une décision de justice pourrait déterminer mercredi ou jeudi si Uber (-2,19 %) et son concurrent Lyft (+0,72 %) doivent immédiatement requalifier leurs travailleurs indépendants en salariés en Californie, ce qui conduirait à une interruption de leurs services dès vendredi dans l’État.

Oracle (+1,85 %) a reçu le soutien du président américain pour l’éventuel rachat des activités de TikTok aux États-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Selon l’agence Bloomberg, le groupe cofondé par Larry Ellison, qui a levé des millions de dollars de fonds pour la campagne de Donald Trump, est désormais aussi sur les rangs, comme Microsoft (-0,61 %), pour acheter l’application.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine montait à 0,6834 % contre 0,6687 % mardi soir.