(Paris) Les Bourses européennes ont débuté la semaine en petite baisse, dans un marché restant concentré sur l’évolution des contaminations au coronavirus.

Agence France-Presse

Ainsi, de Paris (-0,62 %) à  Francfort (-0,55 %), de Londres (-0,76 %) à Madrid (-0,92 %) et Milan (-0,71 %), aucune des places européennes n’a pu profiter du rebond en cours à Wall Street.

« Les marchés actions sont sous pression du fait des craintes d’une deuxième vague de COVID-19, et les investisseurs gardent les yeux rivés sur les États du Centre et de l’Ouest américains, la Floride et l’Amérique du Sud », commente Sébastien Galy, stratégiste chez Nordea Asset Management.

Le géant américain Apple a ainsi annoncé la fermeture de 11 autres magasins dans les États américains qui connaissent un rebond des cas de coronavirus.

L’Europe accélère quant à elle le redémarrage de son activité économique, mais un nouveau foyer est apparu en Allemagne, où plus de 1000 travailleurs d’un abattoir ont été déclarés positifs.

Plus d’un million de nouveaux cas de COVID-19 ont été enregistrés ces sept derniers jours, selon un comptage réalisé par l’AFP.

« Les investisseurs ont réellement conscience des risques malgré la bonne performance des indices boursiers », écrivent les stratégistes du courtier Aurel BGC.

Le rebond des indices entamé depuis mi-mars reposait sur l’anticipation d’une reprise rapide de l’activité économique aidée par les interventions des banques centrales et des gouvernements, sans deuxième vague épidémique.

Mais, au vu des prévisions actualisées de grandes institutions économiques et de la fragilité du marché du travail, la vitesse de la reprise semble plus faible qu’espéré.

Le patron de la Banque fédérale d’Allemagne a envisagé lundi « une reprise douloureusement lente » de l’économie après l’effondrement soudain dû à la pandémie du coronavirus.

Une résurgence épidémique pourrait entraîner une nouvelle vague de mesures sanitaires restrictives qui affecteraient encore l’économie mondiale.

En revanche, la perspective de potentiels plans de relance américain et européen constitue un élément de soutien pour les marchés.

« Tout ce qui peut éloigner l’hypothèse d’une reprise en V de l’économie américaine risque clairement de pousser les marchés actions dans une phase plus longue de consolidation, malgré un soutien toujours actif des banques centrales », prévient Alexandre Baradez, responsable analyses marchés chez IG France.

En outre, « l’absence presque totale de visibilité sur les résultats (d’entreprises) du deuxième trimestre pourrait légitimement pousser à une phase plus “consolidante” sur les indices boursiers », selon lui.

Ce contexte favorisait lundi un repli sur les actifs jugés les plus sûrs, comme les emprunts d’État.

Côté statistiques, petite déception avec le recul de 9,7 % des reventes de logements aux États-Unis en mai par rapport au mois d’avril, conséquence des mesures de confinement des mois précédents.

Sur le tableau des valeurs, Peugeot a connu la plus forte hausse du CAC 40 (+3,56 % à 13,83 euros). Le constructeur Fiat Chrysler avec lequel le groupe entend fusionner a accepté les conditions fixées par le gouvernement italien pour bénéficier d’un prêt de 6,3 milliards d’euros garanti par l’État.

Le marché a continué à fuir le titre de la fintech allemande Wirecard (-44,07 % à 14,44 euros) après qu’elle eut admis lundi qu’une somme de 1,9 milliard d’euros, bien qu’inscrite à son bilan, n’existait « très probablement » pas, nourrissant les soupçons de fraude de grande envergure.  

À Londres, les valeurs du tourisme ont fait les frais des craintes d’une deuxième vague de pandémie juste avant la saison d’été. Le groupe hôtelier Intercontinental Hotels a perdu 3,30 % à 3863,00 pence et le croisiériste Carnival, qui a étendu sa pause opérationnelle en Amérique du Nord jusqu’au 30 septembre, a plongé de 10,23 % à 1119,00 pence.