(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé la semaine sur une note positive vendredi, entraînée par des signaux encourageants sur une réouverture prochaine de l’économie américaine et un essai sur un possible traitement de la COVID-19.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a progressé de 2,99 % à 24 242,49 points et le NASDAQ, à forte coloration technologique, s’est apprécié de 1,38 % à 8650,14 points.  

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a grimpé de 2,68 %, à 2874,56 points.

Les grands indices de la place new-yorkaise s’affichent au passage en hausse pour la deuxième semaine de suite : le Dow Jones a enregistré une progression hebdomadaire de 2,2 %, le NASDAQ de 6,1 % et le S&P 500 de 3,1 %.  

L’indice S&P/TSX a pris 460,56 point, soit 3,3 %, pour terminer la journée avec 14 359,88 points. Il a été soutenu par des rebonds des secteurs de la finance et de l’énergie.

La progression des marchés a probablement été déclenchée par la nouvelle de résultats prometteurs pour un traitement contre la COVID-19, ainsi que par des statistiques encourageantes dans des endroits comme New York et l’Italie, a observé Erik Bregar, chef de la stratégie monétaire à la Banque de change du Canada.

Il a cependant indiqué qu’il ne saisissait pas très bien la ténacité du risque dans les négociations, et a noté que le marché obligataire ne faisait pas preuve du même optimisme.

« Nous avons vu beaucoup de récits concurrents cette semaine. Tout le monde peut vraiment y trouver son compte. »

Il y a encore de l’incertitude quant à l’épidémie et au moment où les économies rouvriront, ce qui entraîne des fluctuations importantes sur le marché. L’indice composé S&P/TSX de la Bourse de Toronto, par exemple, a bondi de 200 points au cours de la dernière heure de négociation vendredi.

« Cela crée suffisamment de volatilité pour que les optimistes et les pessimistes aient tous deux raison au cours d’une même séance de négociation », a affirmé M. Bregar.

Le groupe de la finance a avancé de 4,52 %, alors que les titres des banques avaient retraité la veille, en raison des inquiétudes liées à de potentiels déclins dans le secteur immobilier.

Le secteur de l’énergie a pour sa part grimpé de 8,3 %, l’action de Canadian Natural Resources ayant pris 11,38 %, pendant que celle de Suncor Énergie grimpait de 6,0 % et celle de Pembina Pipeline, de 6,5 %.

Les actions de ce secteur ont avancé malgré le nouveau recul du cours du pétrole brut, alors que le gouvernement fédéral a annoncé un programme de 1,7 milliard pour aider le secteur du pétrole et du gaz naturel à nettoyer les puits abandonnés.

Le cours du baril de pétrole a laissé 50 cents US à 25,03 $ US le baril à la Bourse des matières premières de New York, les investisseurs s’attendant à observer un déclin de la demande d’environ 30 millions de barils de pétrole par jour pour le mois d’avril.

« Les marchés pétroliers tiennent compte de la destruction de la demande, un élément qui est bien réel », a souligné M. Bregar.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 71,24 cents US, en hausse par rapport à son cours moyen de 70,81 cents US de la veille.

Ailleurs à la Bourse des matières premières de New York, le cours de l’or a cédé 32,90 $ US à 1698,80 $ US l’once, tandis que celui du cuivre a bondi de 5,4 cents US à 2,35 $ US la livre.

Un flot d’indicateurs a pourtant confirmé cette semaine les dégâts économiques causés par la pandémie de COVID-19 et les mesures de restrictions imposées pour tenter d’enrayer sa propagation.  

Dernier en date : le Produit intérieur brut de la Chine s’est effondré de 6,8 % au premier trimestre.  

Mais vendredi, les courtiers ont été rassérénés par des informations de la publication Stat News selon lesquelles les premiers résultats d’une étude sur un médicament du laboratoire Gilead (dont le cours a bondi de 9,73 %) pour des patients atteints de cas sévères de COVID-19 étaient prometteurs. Plusieurs analystes incitaient toutefois à la prudence face à des résultats encore très préliminaires.

Dans le même secteur, la société Moderna a bondi de 15,39 % après avoir annoncé avoir reçu 483 millions de dollars du gouvernement américain pour accélérer ses travaux sur un vaccin contre la COVID-19.

L’entrain des acteurs du marché a aussi été alimenté par la présentation par la Maison-Blanche jeudi soir d’un plan sur la façon de faire redémarrer l’Amérique.  

La décision de la levée des restrictions ou du confinement plus ou moins stricts décrétés pour endiguer la pandémie reviendrait en dernier ressort aux gouverneurs des 50 États. Mais l’exécutif a élaboré des recommandations pour les « guider ».

« Le retour “à la normale” de l’économie va être progressif, et le marché habituellement n’aime pas trop cette notion de progressivité. Mais avec les derniers gros titres, les investisseurs semblent entrevoir une lumière au fond du tunnel », a commenté JJ Kinahan de TD Ameritrade.

Autre signal optimiste : Boeing a annoncé jeudi une reprise graduelle, dès la semaine prochaine, de sa production d’avions commerciaux aux États-Unis, après une interruption de plusieurs semaines. Son titre a bondi de 14,72 %.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette des États-Unis montait à 16 h 15 à 0,6465 % contre 0,6267 % la veille à la clôture.

Demande pour les produits d’hygiène

Parmi les autres valeurs du jour, le fabricant américain de produits ménagers et d’hygiène Procter and Gamble est monté de 2,63 % après avoir vu ses ventes augmenter de 5 % de janvier à mars alors que les Américains se ruaient sur ses marques de papier toilette, ses savons et ses sirops pour la toux au fur et à mesure de la propagation de la COVID-19.

La société de services pétroliers Schlumberger a accusé une perte nette de 7,38 milliards de dollars au premier trimestre, plombé par une lourde charge de 8,5 milliards de dollars liée à l’impact de la pandémie sur le secteur de l’énergie. Pour ménager sa trésorerie, le groupe va notamment diminuer ses dividendes de 75 %.

Mais hors élément exceptionnel, le bénéfice par action du groupe a légèrement dépassé les attentes et l’action a pris 8,75 %.

Uber (+3,51 %) a pour sa part indiqué qu’il renonçait aux prévisions annoncées début février, quand il avait estimé pouvoir dégager un excédent brut d’exploitation (Ebitda) positif, pour la première fois, au quatrième trimestre 2020.

Le groupe a également annoncé que sa perte nette allait être alourdie de 1,9 à 2,2 milliards de dollars au premier trimestre suite à une diminution de la valeur de certains de ses investissements en raison de la pandémie.

Ford (+3,64 %) a aussi prévenu s’attendre à une perte nette de 2 milliards de dollars sur la même période en raison de la chute des ventes de voitures.