Le pétrole a terminé sur un fort recul vendredi sa pire semaine en deux ans, affecté par la volatilité à Wall Street et par une production américaine à des niveaux historiques.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en mars, référence américaine du brut, a cédé 1,95 dollar pour clôturer à 59,20 dollars sur le New York Mercantile Exchange. Soit une chute de 9,55% sur la semaine.

Le cours du WTI a retrouvé ses niveaux de fin décembre.

«La très forte volatilité à Wall Street semble être le facteur principal de la chute des cours», a noté Bill O'Grady, de Confluence Investment.

Dans ce contexte, «les investisseurs effectuent des arbitrages de portefeuilles et se délestent du pétrole qu'ils ont accumulé», a-t-il ajouté.

La hausse continue de la production américaine continue dans le même temps d'exercer une très forte pression sur les prix.

Un indicateur avancé de la production américaine réalisé par la société Baker Hugues a fait état vendredi d'un bond de 26 unités sur le nombre de puits de pétrole actifs aux États-Unis.

Le ministère de l'Energie (DoE) a dévoilé mercredi une hausse de la production américaine quotidienne au-delà de 10 millions de barils lors de la semaine terminée le 2 février.

«Le fait que la production atteigne aujourd'hui 10 millions de barils par jour et l'anticipation que les États-Unis vont devenir le plus grand producteur de brut (du monde) d'ici la fin de l'année a incité de nombreux acteurs du marché (...) à en tenir compte», ont commenté les analystes de Commerzbank.

Cette hausse de la production pourrait fortement amenuiser les efforts de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses partenaires, tenus par un accord de limitation de leur production jusqu'à la fin de l'année pour rééquilibrer le marché mondial et maintenir des prix élevés.

Selon Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix, les cours du WTI ne peuvent dans ce contexte pas dépasser les 60 dollars au risque de voir les extractions américaines se multiplier, ni plonger sous les 40 dollars sans voir ces mêmes producteurs fermer boutique.

«C'est moins intéressant que de prévoir un baril à 80 dollars ou à 20 dollars mais, depuis deux ans, les prix n'arrivent pas à s'extraire de cette bande», a-t-il commenté.

La crainte d'une production américaine en hausse est pourtant injustifiée, selon Phil Flynn de Price Futures Group, car «si la croissance de la demande mondiale se poursuit au rythme actuel, alors nous aurons besoin de cette ressource additionnelle pour satisfaire cette demande», a-t-il affirmé.