Yamana Gold, copropriétaire de la mine Canadien Malartic, en Abitibi, espère soumettre son étude d’impact environnemental relative à la mine d’or Wasamac, à Rouyn-Noranda, à la fin de 2022 ou au début de 2023. L’évaluation du projet par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) suivrait en 2023. Un investissement potentiel de 520 millions.

Publié le 21 janvier
André Dubuc
André Dubuc La Presse

« Selon nos vœux, en 2024, on a une approbation et on va de l’avant avec la construction de la mine », dit dans un entretien Daniel Racine, PDG de Yamana Gold. L’ouverture est prévue pour 2026 dans un tel scénario, précise-t-il.

Situé à 15 km à l’ouest du centre-ville de Rouyn-Noranda, le projet minier souterrain Wasamac a une durée de vie de 10 ans avec un potentiel pour aller au-delà de 15 ans. Il créerait au moins 300 emplois permanents.

Selon l’étude de faisabilité mise à jour en juillet 2021, le gisement a une teneur moyenne de 2,5 g par tonne. On y traiterait en moyenne 7000 tonnes par jour pour une production annuelle variant entre 180 000 et 211 000 onces d’or. Les coûts de maintien tout inclus s’élèvent à 850 $ US l’once. Le métal jaune se vend environ 1820 $ US l’once ces jours-ci.

Obtenir tous les permis

Yamana a récemment mis à jour son inscription au registre des lobbyistes du Québec. On y lit que la minière présentera son projet auprès du gouvernement provincial en vue ultimement d’obtenir tous les permis à exploitation de la mine Wasamac.

Ce projet comprend une usine de procédé qui sera située au nord de la 117. L’accès aux activités souterraines se fera par deux rampes. Le concasseur primaire sera sous terre pour minimiser les nuisances, de même que les ventilateurs, le convoyeur et l’usine de remblai en pâte pour remplir les galeries après l’extraction. L’utilisation d’un convoyeur plutôt que de camions diesel réduirait, soutient la société aurifère, les émissions de CO2 de 2233 tonnes par an, soit l’équivalent des émissions de 500 voitures.

Ensuite, l’automatisation et la téléopération via un réseau LTE sous terre rendront l’exploitation plus sûre, soutient Yamana.

Découvert en 1936, le gisement Wasamac a été en exploitation jusqu’en 1971. La minière Richmond, en 2011, puis Monarques, en 2017, ont voulu relancer l’extraction avant de se raviser. Au début de 2021, Yamana Gold en est devenue propriétaire et a entrepris un programme d’exploration. En juillet dernier, elle a déposé une étude de faisabilité et pris la décision d’aller de l’avant avec la nouvelle mine, qui nécessite un investissement de 416 millions US (520 millions CAN).

Il est fréquent qu’un gisement abandonné il y a des années redevienne économiquement rentable de nos jours, avec la montée du prix de l’or et les nouvelles techniques d’exploitation qui abaissent le coût de production. Par exemple, Wesdome a relancé en juillet 2021 les activités de la mine d’or Kiena de Val-d’Or, fermée depuis 2013. Pour la petite histoire, Kiena a servi de décor au film Souterrain, de Sophie Dupuis.