Le détaillant de meubles et d’électroménagers Germain Larivière veut prendre du galon. L’entreprise familiale a bien l’intention d’ouvrir de nouveaux magasins en Ontario et de partir à la recherche de franchisés au Québec.

Nathaëlle Morissette
Nathaëlle Morissette La Presse

La construction à Longueuil de son nouveau centre de distribution, d’une valeur de plus de 40 millions, en partenariat avec le Groupe Montoni, permettra au détaillant de concrétiser ses projets d’expansion, selon son vice-président exécutif, David Larivière.

« L’expansion pour nous, c’est l’ouverture de succursales additionnelles dans les prochaines années. On étudie différents scénarios. On a deux emplacements qu’on regarde actuellement », a signalé M. Larivière, au cours d’une entrevue accordée à La Presse à l’occasion de la première pelletée de terre, jeudi, marquant le début de la construction du centre de distribution sur le boulevard Marie-Victorin. Il était en compagnie de son frère, Jean Larivière, président de l’entreprise.

Le nouveau centre – endroit où l’on recevra les produits des fabricants et où seront montées les commandes ensuite livrées chez les clients – sera d’une superficie de 106 800 pieds carrés, soit le double de l’espace offert par les installations actuelles, également situées à Longueuil. Germain Larivière pourra y emménager au printemps 2022.

Bombardés de questions au sujet des villes et des régions où ils souhaitaient ouvrir de nouveaux magasins, les deux hommes ont commencé par dire qu’ils voulaient sortir de la grande région de Montréal pour ensuite répondre qu’ils visaient le Canada. « L’Ontario », ont-ils fini par lâcher.

« On est confiants que les produits d’ici seraient appréciés à l’extérieur du Québec », ajoute David Larivière. Rien d’officiel n’a encore été annoncé.

Des franchises au Québec

L’entreprise compte actuellement trois magasins situés à Saint-Hyacinthe, Laval, et Brossard (Quartier DIX30). Ceux-ci occupent en moyenne des espaces de 100 000 pieds carrés. Le vice-président recherche donc au Québec de nouveaux magasins, plus petits, qui seraient gérés par des franchisés.

« On a un pouvoir d’achat qui est immense, soutient-il. Les magasins en région pourraient offrir à leurs clients de meilleurs prix et une beaucoup plus grande sélection de produits. »

« Nous, on a des magasins immenses. Les plus petits magasins pourraient bénéficier, grâce au web, de tous ces produits-là. »

Quand le fauteuil n’est plus confortable

Par ailleurs, la pandémie a été profitable pour l’entreprise dont les ventes « ont vraiment explosé ». Ce qui veut dire ? « Ça veut dire que c’est beaucoup », répondent en souriant les deux frères, refusant poliment de donner des chiffres.

« Quand on a rouvert les magasins [en mai 2020], l’affluence a été exceptionnelle, se rappelle Jean Larivière. Les gens demeuraient chez eux. Rapidement, ils se sont aperçus que leur fauteuil était moins confortable, que leur matelas était moins confortable. Ils ont voulu se gâter pour avoir plus de confort. »

La fermeture des frontières a même eu des répercussions sur les ventes de meubles. « Il y a beaucoup de gens qui passaient leur hiver en Floride et qui ont décidé de s’acheter quelque chose ou de louer quelque chose, souligne David Larivière. Ils ont eu besoin de meubles. Dès qu’on a rouvert, on a vu un boom. »

Comme bien des entreprises, ils ont bien sûr connu des ruptures de stock, particulièrement en ce qui concerne les électroménagers. On ne cache pas qu’il y a de l’attente pour certaines marques de réfrigérateurs, par exemple, encore aujourd’hui.

Néanmoins, les deux hommes se targuent « d’être le plus grand acheteur de meubles québécois » avec 85 % des produits provenant d’ici. « Les produits de Chine représentent moins de 4 % de notre chiffre d’affaires », assure David Larivière.

En ce qui concerne la pénurie de main-d’œuvre, les dirigeants, dont l’entreprise compte 250 employés à temps plein, affirment ne pas en souffrir. S’ils y ont échappé, il n’y a pour eux qu’une seule explication : « la fidélité » des membres de leur équipe.