(San Francisco) Amazon a dégagé 7,8 milliards de dollars de bénéfice net au deuxième trimestre, 48 % de plus qu’il y a un an, un résultat porté par le commerce en ligne et l’infonuagique qui ne faiblissent pas, même avec la levée des restrictions sanitaires.

Julie JAMMOT Agence France-Presse

Le géant des technologies perdait pourtant 6,85 % en Bourse après la clôture de Wall Street jeudi, à cause d’un chiffre d’affaires à 113 milliards, en hausse de 27 %, mais inférieur de 2 milliards aux prévisions des analystes.

« Nous avons eu du mal à évaluer l’impact de la COVID-19 sur notre activité ces derniers trimestres », a expliqué Brian Olsavsky, directeur financier du groupe, lors d’une conférence destinée aux analystes.

« Nous avons généralement dépassé nos propres prévisions […], mais le fait que les gens se vaccinent a joué : ils bougent plus, ils ne font plus leurs courses seulement sur l’internet, ils passent plus de temps dehors et moins de temps à faire du magasinage, et c’est très bien », a-t-il continué.

Cela n’a pas empêché Amazon de capitaliser sur son « Prime Day », une opération promotionnelle annuelle qui dure deux jours sur son site de commerce électronique et vise les abonnés à sa formule Prime, comprenant des livraisons gratuites en 24 heures et d’autres avantages.

« Dans 20 pays, les abonnés Prime ont dépensé plus et économisé plus lors de ce Prime Day que pendant tout autre auparavant, achetant 250 millions de produits », affirme le groupe de Seattle dans son communiqué de résultats.

Selon eMarketer, en 2021, les ventes mondiales de la plateforme vont croître de plus de 26 % à 626,6 milliards de dollars, soit 12,7 % du marché global du commerce électronique.

Ces soldes ont aussi largement bénéficié à des revendeurs tiers, a précisé la firme, régulièrement accusée d’écraser la concurrence sur une plateforme où elle commercialise aussi ses propres appareils et biens de consommation.

Fin mai, le procureur de la capitale américaine Washington a lancé des poursuites contre Amazon, qu’il accuse d’empêcher les commerçants de vendre leurs produits moins chers ailleurs que sur son site.

Infonuagique et espace

Ces pressions politiques et les critiques récurrentes d’associations au sujet des conditions de travail dans les entrepôts de la société n’entament pas son succès commercial.

Amazon s’est d’ailleurs offert fin mai le studio hollywoodien quasi centenaire Metro-Goldwyn-Mayer pour 8,45 milliards. Ce catalogue va lui permettre d’étoffer considérablement Prime Video, son service de diffusion en continu compris dans l’abonnement.

L’appétit pour l’informatique à distance (cloud) ne diminue pas non plus, même avec la levée progressive des restrictions sanitaires, grâce aux besoins des entreprises en stockage et traitement informatique des données.

AWS, la division infonuagique d’Amazon, leader mondial du secteur, a réalisé 14,8 milliards de dollars de revenus, soit 37 % de plus qu’il y a un an à la même période.

L’entreprise a récemment remporté une victoire majeure dans ce domaine, qui laisse présager de nouveaux débouchés lucratifs.

Le département de la Défense des États-Unis a ainsi annulé début juillet le mégacontrat de 10 milliards de dollars attribué en 2019 à Microsoft au détriment d’Amazon.

Il prévoit à la place d’engager plusieurs entreprises, à commencer par les deux concurrents.

Le nouveau patron du groupe est d’ailleurs Andy Jassy, auparavant directeur d’AWS.

Jeff Bezos, le fondateur du site qui a commencé comme librairie en ligne il y a 27 ans, lui a passé les commandes au début du mois, tout en restant président du conseil d’administration.

Il entend ainsi se consacrer plus avant à d’autres projets, et vient d’ailleurs de réaliser son rêve d’aller dans l’espace à bord du premier vol habité de sa société de tourisme spatial, Blue Origin.