Hydro-Québec a repris le chemin de la croissance au premier trimestre de 2021, en raison d’un volume record d’exportations et de la baisse des taux d’intérêt.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

La baisse des taux d’intérêt a contribué à la hausse des profits du premier trimestre, en permettant de réduire les frais d’intérêt de 62 millions. Hydro a pu refinancer à 2,52 % des dettes contractées à 10 % pour construire la Baie-James, a indiqué hier son vice-président exécutif et chef de la direction financière, Jean-Hughes Lafleur.

Un an après le début de la pandémie, l’impact sur la rentabilité d’Hydro-Québec est moins important que prévu, a indiqué M. Lafleur.

La société d’État rapporte un profit net de 1,64 milliard pour les mois de janvier, février et mars, en hausse de 116 millions par rapport à la même période l’an dernier. Cela se compare avec un bénéfice net de 1,52 milliard pour la même période l’an dernier, qui correspond aux mois les plus rentables de l’exercice financier.

Si la tendance se maintient, la prévision de bénéfice net pour 2021, qui est de 2,7 milliards, sera dépassée, estime Jean-Hugues Lafleur.

Nous sommes optimistes à l’égard des trimestres à venir, car nous croyons être en mesure de reprendre notre essor tout en aidant nos clients à rebondir.

Jean-Hughes Lafleur, vice-président exécutif et chef de la direction financière d’Hydro-Québec

Volume record d’exportations

Le volume des exportations a atteint un niveau sans précédent au début de l’année, à 10,5 térawattheures (TWh). Le précédent record de 10,1 TWh remonte à 2017. Cette hausse de 20 % du volume des exportations ne s’est pas traduite par une hausse équivalente des profits parce que le kilowattheure a été exporté à un prix moyen plus bas, soit 4,5 cents, comparativement à 4,9 cents au premier trimestre de l’an dernier.

Après avoir beaucoup baissé l’an dernier, les prix à l’exportation ont pris du mieux pendant l’hiver. La vague de froid qui a frappé les États-Unis en février, et qui a causé des pannes majeures au Texas, a eu un effet à la hausse sur les prix de l’électricité dans les marchés d’Hydro-Québec, a expliqué M. Lafleur.

Un effet COVID-19 au Québec

Les ventes d’électricité au Québec continuent de souffrir de la pandémie, a indiqué Jean-Hugues Lafleur. Hydro accuse une baisse de 9 millions de ses profits provenant de la vente d’électricité au Québec, qui s’explique par la fermeture d’un grand nombre de commerces et d’entreprises pendant des semaines au début de l’année.

La baisse de la rentabilité des ventes au Québec a été atténuée par une augmentation de la consommation résidentielle, en raison du télétravail, et par des températures un peu plus froides qu’à l’hiver 2020.

Parce que les effets de la pandémie se font toujours sentir, Hydro-Québec a prolongé jusqu’au 1er mai le moratoire sur les interruptions de service pour les comptes non payés. Au premier trimestre, le nombre de clients ayant demandé une entente de paiement était de 64 000, en légère baisse par rapport à la même période l’an dernier. Les provisions pour pertes étaient stables, à 24 millions.

Hydro-Québec reprend aussi le rythme normal de ses investissements, après un ralentissement causé par la crise sanitaire. Pour 2021, le niveau d’investissement devrait tourner autour de 4 milliards.