(Paris) L’éditeur français de jeux vidéo Ubisoft a plus que doublé son chiffre d’affaires sur le trimestre achevé fin décembre, un « record » sur la période grâce à des sorties réussies et à la performance de son catalogue.

Jules BONNARD
Agence France-Presse

« Nous avons réalisé, de loin, le plus gros trimestre de l’histoire d’Ubisoft grâce à la qualité de nos lancements et à la profondeur de notre catalogue », a commenté mardi le PDG du groupe Yves Guillemot, cité dans un communiqué.

Et l’exercice décalé 2020-2021, qui sera clos fin mars, s’annonce également record : le groupe prévoit des réservations nettes (l’indicateur privilégié par l’entreprise) entre 2,22 et 2,28 milliards d’euros, et un résultat opérationnel hors exceptionnels entre 450 et 500 millions d’euros.

Sur le troisième trimestre, qui a connu la sortie d’une nouvelle génération de console, le groupe a enregistré un chiffre d’affaires de 965,1 millions d’euros, en hausse de 132 %, et des réservations nettes atteignant 1 milliard d’euros, bien supérieures à l’objectif compris entre 860 et 960 millions d’euros.

Parmi les sorties de l’éditeur fin 2020 : la nouvelle version du jeu de rythme Just Dance 2021, un nouveau titre Immortal Fenix Rising, bien accueilli par la critique, et le nouvel opus d’Assassin’s Creed, Valhalla, qui a enregistré le meilleur démarrage de la célèbre série.

« Ce dernier a enregistré des revenus records et s’est classé, avec Watch Dogs : Legion, parmi le top 4 des meilleures ventes sur la nouvelle génération de consoles », a déclaré le directeur financier du groupe Frédéric Duguet, cité dans un communiqué.

En revanche, le groupe a décalé la semaine dernière la sortie initialement prévue le 18 mars du nouvel opus de Prince of Persia.

« Ce temps supplémentaire de développement permettra à nos équipes de délivrer un remake aussi innovant que fidèle à l’œuvre originale », avait-il alors déclaré.

Superproductions sur mobile

Sur les neuf premiers mois de l’exercice, marqué par l’accélération du marché du jeu vidéo dans le contexte de la crise sanitaire et des confinements, le chiffre d’affaires du groupe s’est élevé à 1,7 milliard d’euros, en hausse de 55 %.

« Ubisoft continue d’évoluer vers une récurrence grandissante de ses revenus », a ajouté Yves Guillemot. « Notre “back-catalogue” (soit les jeux sortis avant l’exercice fiscal en cours NDLR) à forte rentabilité est ainsi amené à représenter une part toujours plus importante de notre activité. »

Cela comprend notamment les anciennes moutures d’Assassin’s Creed, de Far Cry, les titres The Crew ou Rainbow Six Siege, et cela représente désormais 68,5 % des réservations nettes sur les neuf premiers mois de l’exercice.

Interrogé lors d’une conférence avec des analystes sur sa stratégie vers les jeux mobiles, au lendemain de l’annonce d’un accord par le géant américain Electronic Arts pour acquérir l’éditeur Glu Mobile pour 2,1 milliards de dollars, M. Guillemot a défendu une stratégie visant à développer sur mobile des jeux « de qualité triple A » (des superproductions) plutôt qu’occasionnels.

« Nous sommes pour le moment beaucoup plus enclins à investir au sein de l’entreprise plutôt qu’à l’extérieur » via des acquisitions, a-t-il également indiqué.