(Montréal) Produits forestiers Résolu a dégagé un profit net l’an dernier malgré la pandémie de COVID-19 et entrevoit des signaux encourageants dans certains secteurs d’activité, mais cela n’est toutefois pas synonyme de bonnes nouvelles pour plusieurs centaines de ses employés au Québec.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Sur pause depuis mars dernier, la production de papier journal n’a toujours pas repris dans les usines de Baie-Comeau et Amos et un redémarrage ne pointe pas à l’horizon.

Plus de 450 des 3800 salariés de Résolu au Québec se sont retrouvés en congé forcé en raison de ces interruptions.

« La demande de papier journal n’est pas revenue, a expliqué jeudi le président et chef de la direction de la compagnie forestière, Yves Laflamme, en marge du dévoilement des résultats du quatrième trimestre. Le marché est plus équilibré à cause des arrêts. C’est de bon augure pour le marché, mais pas pour dire que la capacité peut repartir à la hausse. »

La crise sanitaire a accéléré le déclin de la demande nord-américaine de papier journal, qui a été de l’ordre de 29 %.

Résolu continue de chauffer les deux usines pendant que les options sont étudiées. Elles se limitent essentiellement à des fermetures permanentes, un redémarrage partiel ou une diversification.

« Les options de diversification sont assez restreintes pour des usines de papier journal parce qu’il faut des sommes importantes pour les repositionner », a ajouté le chef de la direction financière Rémi Lalonde, qui prendra la relève de M. Laflamme lorsqu’il aura tiré sa révérence le 1er mars.

Résolu avait procédé à environ 1000 mises à pied au début de la pandémie. Environ la moitié des employés sont de retour au travail.

M. Lalonde a également défendu la décision de Résolu de racheter 2,1 millions de ses actions au quatrième trimestre alors que la compagnie a bénéficié d’une somme de 10  millions provenant de la Subvention salariale d’urgence du Canada. Le programme ne s’accompagnait pas d’une interdiction d’agir de la sorte, a dit M. Lalonde, en ajoutant que le montant obtenu a servi défrayer la facture de chauffage des usines d’Amos et Baie-Comeau.

Au-delà des attentes

Résolu, présente dans les secteurs du bois d’œuvre, du papier journal et des papiers spécialisés, de la pâte commerciale et du papier tissu, a affiché une perte nette de 52  millions US, ou 63 cents US par action, au quatrième trimestre terminé le 31 décembre, par rapport à une perte nette de 71  millions US, ou 79 cents US par action, à la même période l’année précédente.

Ses revenus ont progressé de 15 %, à 769  millions US, notamment grâce aux prix élevés du bois d’œuvre et une forte demande, alors que les restrictions provoquées par la crise sanitaire ont notamment stimulé le marché de la rénovation résidentielle.

En excluant des éléments non récurrents, dont une charge hors trésorerie de 80  millions US liée à ses usines d’Amos et de Baie-Comeau, le bénéfice de Résolu s’est établi à 45  millions US, ou 55 cents US par action. Il y a un an, la compagnie avait perdu 53  millions US, ou 59 cents US par action.

Ces résultats se sont avérés supérieurs aux attentes des analystes, qui anticipaient un bénéfice ajusté de 53 cents sur des revenus de 743,5 millions US, selon la firme Refinitiv. Néanmoins, à la Bourse de Toronto, l’action de la compagnie a abandonné 1,03 $, ou 9 %, pour clôturer à 10,36 $.

Pour l’exercice, les profits nets de Résolu ont été de 10  millions US, ou 12 cents US par action, par rapport à une perte de 47  millions US, ou 51 cents US par action, en 2019. Son chiffre d’affaires s’est néanmoins contracté de 4 %, à 2,8  milliards US.

« La pandémie aura un impact à long terme sur la demande de papiers d’impression et de papier journal, ce qui devrait obliger Résolu à continuer à rationaliser ou convertir (ses actifs) », a souligné dans une note Benoit Laprade, de la Banque Scotia.

L’analyste a également souligné que le déficit du régime de retraite de la compagnie était d’environ 1,6  milliard US.

Résolu estime néanmoins que les conditions de marché du bois d’œuvre, combinées à une reprise de la demande mondiale de pâte commerciale et l’amélioration des activités de papier tissus, devraient plus que contrebalancer les déclins du papier d’impression et du papier journal.