Il y a ceux qui n’achèteraient pas un chou-fleur, des mangues et du rôti de palette sur l’internet. Et les autres… qui ont dépensé 1 milliard de dollars en 2019 sur les différents sites de Loblaw. Le propriétaire de Maxi, Provigo, Joe Fresh et Pharmaprix, entre autres, a précisé que ses revenus en ligne avaient « presque doublé » par rapport à l’année précédente.

Marie-Ève Fournier Marie-Ève Fournier
La Presse

Ce résultat « place Loblaw en position de tête parmi ses pairs », a commenté l’analyste et experte en vente au détail Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux.

Le commerce en ligne génère désormais 2,1 % de tous les revenus du géant ontarien, qui a précisé que la vaste majorité des achats alimentaires étaient cueillis en magasin. Il faut dire que pour l’heure, la livraison à domicile n’est offerte que dans certains marchés.

« La croissance est plus élevée pour le ramassage en magasin que dans la livraison. Cela dit, nous croyons qu’il faut offrir un choix aux clients », a détaillé la présidente de Loblaw, Sarah Davis, au cours d’une téléconférence au sujet des résultats du quatrième trimestre clos à la fin décembre.

En magasin, la valeur moyenne du panier d’épicerie s’est accrue et la fréquentation a aussi augmenté au cours du trimestre. En somme, les ventes au détail du groupe ont progressé de 3,1 % pour atteindre 11,3 milliards. 

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Moins de vêtements, plus de fête

La publication de ces données financières a aussi permis d’apprendre que la demande pour la marchandise générale dans les supermarchés est « faible », pour reprendre l’épithète utilisée par Michael Van Aelst de la Banque TD dans une note à ses clients. Les consommateurs achètent de moins en moins de vêtements et d’articles pour la maison, a-t-on donné en exemple.

Loblaw n’est pas le seul détaillant à observer cette tendance que subit toute l’industrie de la vente au détail, notamment à cause des achats en ligne, a signalé Sarah Davis. De fait, en début de semaine, Walmart a révélé que ses ventes de vêtements reculaient. Le même jour, on apprenait que le détaillant montréalais d’articles de cuisine Stokes se plaçait à l’abri de ses créanciers.

Chez Loblaw, la situation force un certain réaménagement de ses vastes supermarchés qui vendent aussi de la vaisselle, des jouets, des cosmétiques et des articles de décoration pour la maison.

Des façons d’utiliser différemment l’espace sont déjà mises à l’essai.

La section des articles des fêtes est en pleine expansion puisqu’il s’agit d’une nouvelle catégorie. On la retrouve pour le moment dans quelques magasins Maxi & Cie.

Johanne Héroux, porte-parole de Loblaw

Loblaw envisage aussi d’attribuer un plus grand nombre de mètres carrés aux articles pour les animaux, a révélé la présidente, Sarah Davis, en rappelant que seule une « petite partie » des supermarchés vendent de la marchandise générale. Ainsi, la baisse d’intérêt des clients a un impact limité, a-t-elle insisté.

Plus forte hausse en cinq ans

Du côté des pharmacies Shoppers Drug Mart, appelées Pharmaprix au Québec, les ventes (comparables) de médicaments ont bondi de 6,1 % au cours du quatrième trimestre, par rapport à la même période en 2018. Il s’agit de « la plus forte progression en cinq ans », grâce à l’augmentation du nombre d’ordonnances traitées (+ 3,2 %).

La présidente a parlé d’un trimestre « impressionnant » grâce au « leadership » de Shoppers Drug Mart dans le domaine de la beauté et « de solides performances dans les médicaments contre le rhume et la grippe ».

En somme, le chiffre d’affaires du réseau de pharmacies a augmenté de 3,9 % au cours du trimestre et de 3,6 % au cours de l’exercice.

PHOTO JONATHAN HAYWARD, ARCHIVES LA PRESSE

Loblaw teste des « microcentres d’assemblage de commandes automatisés » dans ses magasins.

Nouvelles technologies

Loblaw s’apprête par ailleurs à lancer, l’automne prochain, un compte de banque courant sans frais combiné au programme de fidélisation PC Optimum. Le produit est actuellement testé. Il n’a pas été possible d’obtenir plus de détails sur le fonctionnement, mais Mme Héroux nous a précisé qu’il serait offert au Québec.

Le géant ontarien teste également des « microcentres d’assemblage de commandes automatisés » dans ses magasins. Ce système évite qu’un employé parcoure toutes les rangées pour remplir un chariot lorsque des commandes en ligne sont reçues.

En Bourse, le titre de Loblaw a perdu 1,6 % pour terminer la séance de jeudi à 69,92 $. Les investisseurs anticipaient notamment un niveau de bénéfice plus élevé.

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