(New York) Les États-Unis envisagent de procéder dans « quelques semaines » au vol de certification du Boeing 737 MAX, étape déterminante pour la remise en service de cet avion cloué au sol depuis bientôt un an, malgré un nouveau problème détecté récemment.

Luc OLINGA
Agence France-Presse

En voyage à Londres, Steve Dickson, le chef de l’agence fédérale de l’aviation (FAA), principal régulateur de l’aérien aux États-Unis, a déclaré à des journalistes réunis à l’Aviation Club espérer que le vol de certification du 737 MAX ait lieu dans « quelques semaines ».

C’est traditionnellement au terme du vol de certification que les autorités de l’aviation civile décident d’autoriser ou non un avion à entrer ou à reprendre du service.

Dans le cas du 737 MAX, il marquerait le début de la fin d’une crise historique, dont la facture s’élève pour l’instant à plus de 18 milliards de dollars pour Boeing, sans compter les efforts qu’il lui faudra déployer pour redorer sa réputation et les indemnisations potentielles des familles des victimes.

La FAA a terminé il y a « plusieurs semaines » son audit des changements effectués par Boeing sur le logiciel anti-décrochage MCAS, mis en cause dans les accidents de Lion Air du 29 octobre 2018 (189 morts) et d’Ethiopian Airlines du 10 mars 2019 (157 morts), a dit à l’AFP une source réglementaire.

Elle en a conclu qu’il faudrait des ajustements, mais ces derniers ne seraient a priori pas « significatifs », a dit la même source.

Dysfonctionnement de l’alarme

Dans le même temps, des ingénieurs de Boeing ont détecté un nouveau souci lié au MCAS, logiciel censé empêcher l’avion de partir en piqué, notamment en cas de perte de vitesse.  

La découverte a eu lieu lors d’un vol d’essai destiné à tester le MCAS, explique Boeing : le clignotant, censé ne s’allumer qu’en cas de dysfonctionnement de ce logiciel, s’est éclairé inopinément, un problème dû, d’après Boeing, aux différences dans les données entrées dans les ordinateurs de contrôle de vols.

Cet ennui n’affecte pas le calendrier de remise en service de l’avion, a assuré Boeing dans un courriel à l’AFP. Mi-Janvier le géant de Seattle avait annoncé que le MAX pourrait a priori revoler à la mi-2020, une échéance jugée réaliste par American Airlines, United Airlines et Southwest, qui ont repoussé les vols programmés sur cet avion à l’été.

« Nous sommes en train de procéder à un changement du logiciel […] pour nous assurer que le clignotant ne s’allume que quand il le faut », a souligné jeudi Boeing.

L’avionneur, dont le nouveau directeur général, David Calhoun, a promis plus de transparence après dix mois de gestion de crise jugés calamiteux de son prédécesseur, précise avoir informé les régulateurs du dysfonctionnement dans la semaine du 20 janvier. Les compagnies aériennes clientes ont également été prévenues.

Ces informations provoquaient le bond de près de 4 % de l’action à Wall Street, les marchés semblant soulagés de voir que l’épilogue des déboires du MAX est imminent.

Boeing a toutefois encore du pain sur la planche avant d’obtenir le feu vert des régulateurs. Il doit proposer une solution pour résoudre un problème lié aux câblages électriques de l’avion.  

D’après une source interne, il est encore prématuré de penser qu’il faudra un nouveau design, option extrême, car elle pourrait retarder la remise en service du MAX.

Autre écueil supplémentaire à surmonter : Boeing doit fournir la documentation liée à la formation des pilotes, mais il revient à la FAA de décider quelle sera la meilleure façon de former ces derniers. On s’achemine vers une formation sur simulateur, plus coûteuse.