(New York) David Calhoun, qui a officiellement pris lundi ses fonctions de directeur général de Boeing, appelle le groupe à être « humble » et « transparent » au moment où il traverse la plus grave crise de ses 103 ans d’histoire, a dit à l’AFP son entourage.

Agence France-Presse

« Il veut s’assurer que nous ayons une culture (d’entreprise) adéquate », a déclaré une source. « Ce qui signifie être plus humble et transparent », a-t-elle ajouté, alors que l’avionneur travaille à obtenir une remise en service du 737 MAX, cloué au sol depuis dix mois après deux accidents rapprochés ayant fait 346 morts.

M. Calhoun prend ses fonctions après une semaine mouvementée pour Boeing, marquée par la divulgation de messages embarrassants d’employés dans lesquels ils moquent les régulateurs, les compagnies aériennes et s’interrogent sur les compétences de leurs collègues ingénieurs.

« Ceci est une plaisanterie », écrivait un employé en septembre 2016, en référence au 737 MAX. « Cet avion est ridicule ».

« Design nul », fustigeait un autre en avril 2017.

M. Calhoun va passer sa première semaine à Chicago, le siège social du groupe, et se rendra la semaine prochaine dans l’État de Washington, où se trouvent les principales usines du constructeur.

Il visitera l’usine de Renton, près de Seattle, qui fabrique le 737 MAX, et celle d’Everett, productrice du 777/777X, du 767, du 747 et du 787.

« Ensemble, nous allons renforcer notre approche de la sécurité (des avions), améliorer la transparence et reconstruire la confiance avec nos clients, nos régulateurs, nos sous-traitants et les voyageurs », déclare M. Calhoun dans un courrier adressé aux salariés et rendu public par le constructeur aéronautique.

« J’ai confiance en l’avenir de Boeing, y compris dans le 737 MAX », souligne-t-il.

Les déboires du 737 MAX ont déjà coûté 9,2 milliards de dollars à Boeing et la facture devrait encore augmenter lors de la publication des résultats du quatrième trimestre le 29 janvier.

Ancien cadre dirigeant de General Electric (GE) et de la société d’investissements Blackstone, M. Calhoun, 62 ans, a été nommé le 23 décembre pour remplacer Dennis Muilenburg, dont la gestion de la crise du MAX était jugée catastrophique.

Ce dernier avait notamment essayé de faire pression sur l’agence fédérale de l’aviation (FAA) pour qu’elle approuve au plus vite le MAX, ce qui avait contribué à des tensions inédites avec le régulateur américain.

Les premiers pas de M. Calhoun étaient salués timidement à Wall Street, où le titre gagnait 0,60 % dans les premiers échanges.