Active au chapitre des acquisitions ces dernières années, l’entreprise québécoise Premier Tech souhaite maintenant bonifier sa présence à Rivière-du-Loup, où se trouve son siège social, en y investissant 251 millions, ce qui se traduira par l’ajout de 500 emplois sur cinq ans.

Julien Arsenault
La Presse Canadienne

L’entreprise sera épaulée par Québec, qui lui donne un nouveau coup de pouce financier, soit un prêt sans intérêt de 45 millions. Environ le tiers de cette somme, soit 15 millions, pourrait être pardonnable si des objectifs sont respectés.

Fondée en 1923, Premier Tech est diversifiée en offrant des solutions technologiques dans les secteurs de l’horticulture, l’agroalimentaire, les équipements industriels ainsi que les technologies environnementales. Elle est présente dans 27 pays et compte 4600 travailleurs — dont 1100 se trouvent dans le Bas-Saint-Laurent.

« Le projet a toujours été vu pour se faire ici au Québec », a expliqué son président et chef de la direction, Jean Bélanger, jeudi, dans le cadre d’une conférence de presse à Rivière-du-Loup, aux côtés notamment du ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

« La majorité de nos activités de recherche et de développement sont ici. Évidemment, avec l’appui du gouvernement du Québec, on peut y aller plus rapidement. »

Environ 75 % des emplois, dont le salaire annuel est supérieur à 60 000 $, devraient s’ajouter dans le Bas-Saint-Laurent. Des activités seront rapatriées des marchés où Premier Tech a réalisé des acquisitions. L’entreprise compte également investir pour accélérer sa transformation numérique, en recherche et développement ainsi que pour effectuer du démarchage à l’étranger.

Pour M. Fitzgibbon, les ambitions de Premier Tech correspondent exactement aux trois objectifs du gouvernement Legault en matière de développement économique.

« On veut accroître l’innovation, a dit le ministre. Deuxièmement, la transformation numérique, super important. Troisièmement, les exportations. On veut adresser notre balance commerciale. Ce projet respecte les trois aspects. Des projets comme cela, j’en ferais un par semaine. »

Premier Tech a bénéficié du soutien financier de Québec à plus d’une reprise. Depuis 2010, les prêts et subventions octroyés totalisent environ 56 millions, ce qui ne tient pas compte du prêt annoncé jeudi.

En 2012, elle avait obtenu un prêt sans intérêt de 11,2 millions ainsi qu’une subvention de 8,5 millions. Ce dossier s’était retrouvé au cœur de l’actualité. Président du Conseil du trésor dans le gouvernement libéral de Philippe Couillard, Sam Hamad s’était retiré du conseil des ministres dans la foulée de courriels démontrant une intervention de sa part.

M. Bélanger n’était pas en mesure de préciser, lors de la conférence de presse, si tout avait été remboursé.

« Toutes les ententes de prêts remboursables que nous avons eues, on respecte toutes les conditions et on rembourse selon les modalités prévues », a-t-il tenu à préciser.

Au cours de l’exercice qui s’est terminé le 20 février, Premier Tech a généré des revenus de 923,5 millions, en hausse de 4,8 %, tandis que son bénéfice d’exploitation ajusté a progressé de 8,75 % pour s’établir à 84,5 millions. La société génère 42 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis, son plus important marché.

En mars, Premier Tech avait mis la main sur deux sociétés au Québec. Elle avait également réalisé deux prises en France : une en juillet et l’autre en septembre.