(Paris) Un « compromis peut être atteint dans les prochaines semaines » dans le litige opposant Airbus et Boeing, a indiqué cet après-midi le ministre français de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire, lors d’une entrevue au réseau CNN.

Agence France-Presse

L’avionneur européen Airbus et son concurrent américain Boeing — et à travers eux l’Union européenne et les États-Unis — s’affrontent depuis octobre 2004 devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les aides publiques versées aux deux compagnies, jugées illégales de part et d’autre.

L’Union européenne a annoncé le lundi 9 novembre des sanctions douanières contre les États-Unis dans ce litige : elle applique depuis mardi des droits de douane supplémentaires sur 4 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis.

« C’est une très vieille affaire, cette affaire d’Airbus et Boeing. L’administration américaine a décidé de frapper l’Europe de sanctions, d’un montant total de 7 milliards de dollars, donc nous n’avions pas d’autre choix que de répondre à ces sanctions », a déclaré le ministre français.

« Et comme nous étions autorisés par l’Organisation mondiale du commerce à prendre nous aussi des actions contre les États-Unis, cela était le scénario normal », a-t-il ajouté.

Cependant, « nous devons penser à l’avenir, et pas au passé, et je pense qu’un compromis peut être atteint dans les prochaines semaines », a affirmé Bruno Le Maire à CNN.

« Je crois qu’il y a la possibilité de construire un accord entre les États-Unis et l’Europe dans cette affaire Airbus-Boeing. Je ne sous-estime pas les difficultés pour combler le fossé entre la position des États-Unis et la position de l’Union européenne, mais je peux vous dire que nous ne ménagerons pas nos efforts pour construire un compromis, pour l’intérêt des États-Unis comme de l’Europe », a-t-il déclaré.

Les produits américains taxés depuis cette semaine incluent tous les modèles d’avions de Boeing (taxés à 15 %). Mais surtout des produits agricoles (tabac, patates douces, blé, huiles végétales, fruits et jus…) ou agroalimentaires (alcools forts, chocolat…) ainsi que des biens manufacturés (tracteurs, pelleteuses, équipements de casino, pièces de vélo…) taxés à 25 %, selon une liste officielle.

Les États-Unis infligent déjà, depuis plus d’un an, des droits de douane punitifs sur des importations européennes comme le vin, le fromage et l’huile d’olive (à hauteur de 25 %), ainsi que des taxes de 15 % sur les avions Airbus. Washington y avait été autorisée par l’OMC, jusqu’à 7,5 milliards de dollars.