La pandémie a eu un effet à la hausse sur tous les indicateurs de performance du détaillant Metro, à l’exception d’un seul : les ventes de produits de beauté et de cosmétiques de sa filiale Jean Coutu sont en baisse.

Hélène Baril
Hélène Baril La Presse

Les revenus provenant de la vente de médicaments d’ordonnance ont augmenté de 2,7 %, tandis que les ventes de produits de la section commerciale des pharmacies ont baissé de 2,5 % au troisième trimestre.

Cette baisse reflète le changement de comportement des consommateurs, qui ont préféré pendant la pandémie faire tous leurs achats au même endroit, a expliqué le président et chef de la direction de Metro, Eric R. La Flèche, lors d’une conférence téléphonique.

La porte-parole de l’entreprise Marie-Claude Bacon a précisé après coup qu’une partie des ventes de produits santé et beauté des pharmacies avaient été récupérées par les supermarchés, mais pas toutes. Les ventes de cosmétiques, rouges à lèvres et mascaras, des produits moins en demande quand tout le monde reste à la maison, ont reculé. « Il y a des ventes perdues », a-t-elle dit, sans vouloir chiffrer ces pertes.

Comme les autres épiciers, Metro a profité du confinement et du fait que la plupart des restaurants étaient fermés ou ouverts partiellement au troisième trimestre, la période de trois mois qui a pris fin le 4 juillet.

Le chiffre d’affaires total du trimestre a augmenté de 11,6 %, à 5,8 milliards. Les revenus des magasins d’alimentation comparables sont en hausse de 15,6 %, contre une augmentation de 3,1 % à la période correspondante de l’exercice précédent. Le bénéfice net a augmenté de 18,5 % par rapport à la même période l’an dernier, pour atteindre 263,5 millions.

Les effets positifs de la pandémie pour les épiciers se poursuivent au quatrième trimestre en cours, a indiqué Eric R. La Flèche. « Pour les quatre premières semaines du trimestre, les ventes sont en hausse de 10 % », a-t-il précisé.

Les dépenses liées à la crise du coronavirus devraient diminuer, a-t-il ajouté. Ces dépenses s’élèvent à 107 millions au troisième trimestre, dont la moitié sont des primes versées aux employés. Tous les épiciers ont mis fin à ces primes de 2 $ l’heure le 13 juin.

Le président et chef de la direction n’a toutefois pas voulu s’avancer davantage sur les résultats attendus pour le dernier trimestre de l’exercice. « Nous ne fournissons pas de prévisions, je vous laisse faire vos calculs », a-t-il dit aux analystes.

Les résultats publiés mercredi sont légèrement meilleurs que ne le prévoyaient les analystes qui suivent Metro. L’action a fini la journée en hausse de 1 %, à 58,75 $, ce qui n’est pas loin du sommet atteint cette année.

Les ventes en ligne explosent

Comme ses concurrents, Metro a dû s’adapter aux changements de comportement de sa clientèle, qui s’est rendue moins souvent dans ses magasins mais a acheté davantage toutes sortes de produits, mais beaucoup moins de mets préparés. Les commandes en ligne, qui étaient marginales lors de la même période l’an dernier, ont été multipliées par quatre.

Satisfaire la demande en ligne a été « un défi », selon Eric R. La Flèche, qui reconnaît que des améliorations doivent être apportées. Des investissements sont prévus dans la technologie et la formation des employés pour améliorer l’expérience en ligne.

La direction de Metro s’attend à ce que ses franchisés suivent le rythme d’investissement des magasins corporatifs, et aucune aide financière n’est prévue pour eux.

Metro, comme d’autres détaillants québécois, s’attend par ailleurs à ce que ses fournisseurs lui accordent les mêmes baisses de prix qu’à Walmart. Rappelons que la multinationale américaine exige de ses fournisseurs des « rabais » pour financer ses propres investissements de 3,5 milliards prévus dans ses magasins et son infrastructure web.

La lettre que vient d’envoyer UGI, la centrale d’achat dont Metro fait partie, aux fournisseurs « n’est pas une menace », selon Eric R. La Flèche. « Nous voulons être traités équitablement », a-t-il dit.